Se motiver quand on pratique le yoga seul.e

Comment faire lorsque, à l’heure de sa séance, le cerveau résiste et nous oriente davantage vers le canapé que le tapis de yoga ? Comment retrouver sa motivation des grands jours et filer à ses postures sans embuche ? Voilà une question cruciale puisqu’y répondre nous permettrait d’ancrer nos meilleures habitudes avec en porte étendard notre belle pratique.

Cruciale, et épineuse ! Car nous en faisons facilement le constat ici plus que jamais : ce qui marche chez l’un ne marche pas forcément chez l’autre.  Et c’est d’ailleurs ce qui nous amène parfois à perdre notre esprit battant, après quelques tentatives manquées. Mais pas de panique, nous allons le voir, notre meilleur piolet pour gravir cette montagne qui nous fait face va tout simplement être de savoir comment notre cerveau fonctionne.

Comme je le dis souvent, vous donner votre mission sans rien ajouter, et dans notre cas aujourd’hui : pratiquer le yoga seul.e en proie à une baisse de motivation, c’est vous envoyer faire le plein de ma voiture sans vous préciser quel carburant mettre.

Avec les connaissances que nous avons aujourd’hui sur nos fonctionnements, nous pouvons prendre les bons chemins, travailler dans le sens de notre cerveau et non lui faire face. Et ça, c’est la défaite assurée. Soyez-en sûr.e, il aura toujours le dernier mot. Autant travailler avec lui que l’affronter donc.

En tête, j’ai toujours cette analogie du cavalier et de l’éléphant, que j’emprunte à Jonathan Haidt, l’auteur de l’excellent : Happiness Hypothesis. Un cavalier (votre conscient) chevauche un éléphant (votre inconscient) et aura beau hurler et utiliser toute sa force, si l’éléphant en a décidé autrement, il n’y aura rien à faire.

C’est la même chose avec votre cerveau, vous aurez beau vous armer d’une motivation de guerrier, sans les bonnes méthodes, je ne parierai jamais sur vous.

Une solution et deux chantiers

Notre problématique, si nous la résumons, c’est passer à l’action. Notre solution sera donc de faciliter ce passage à l’action, en se donnant d’une part plus d’élan, autrement dit en travaillant notre volonté, et en réduisant les freins, soit en aménageant notre environnement.

Pour rappel, comme nous l’avons vu à l’occasion du challenge de rentrée #STRONGYOGI, la motivation est un outil formidable pour l’allumage, c’est ce qui fait décoller notre fusée, ce qui nous met le pied à l’étrier. Mais ce n’est pas la réponse à tout, cela ne garantit absolument pas le long-terme.

Notre point d’attention va donc être de trouver durant cette première poussée que nous offre la motivation, une façon d’ancrer une habitude. Nous chausser le matin ne nous demande plus aucun effort, personne n’arrive pieds-nus au travail parce qu’au moment de partir, la flemme l’avait emporté. Nous allons donc essayer de faire de même avec notre pratique de yoga : construire un circuit de l’habitude infaillible pour ancrer notre pratique.

En pratique, ce que cela donne ? Booster sa motivation avec une configuration agréable et qui donne envie. Avec de la musique, un tapis agréable et joli, qui vous donne envie de faire du yoga rien qu’en le regardant, une tenue dans laquelle vous vous sentez bien… Vous l’aurez compris, le passage à l’action sera largement facilité si vous obtenez ce type de configuration que si vous devez pratiquer sur un tapis usé et glissant, dans un environnement bruyant et sans espace.

Ensuite, nous allons également parler de déclencheur. Encore une fois, nous bouclons sur la série de vidéos dédiée à la motivation et aux habitudes de notre challenge de rentrée (toujours disponible dans votre espace abonné) en évoquant cet environnement plus ou moins propice à l’action. Si vous devez aller chercher votre tapis sous une pile d’affaires, puis vous lancer à la recherche d’une tenue dans les méandres d’un placard à vêtements sinistré avant de pratiquer, le tout rarement en moins de 10 minutes, vous peinerez bien plus que si votre acolyte vous attend, roulé et bien en vue dans le salon, aux côtés de votre tenue pliée et de vos équipements bien rangés et bien visibles.

Ce que l’on vise ici, c’est un passage à l’action sans effort, qui soit réellement facilité et même attrayant. Et pour aller plus loin, pourquoi ne pas ajouter une récompense en fin de séance ! Trouvez quelque chose que vous vous garderez pour l’après séance, une sorte de petit rituel agréable. Un épisode d’une série que vous aimez beaucoup et que vous ne gardez que pour vos après-séances, ou encore un dessert que vous adorez (je vous entends d’ici : on ne parle pas forcément d’un Paris-Brest après chaque séance de yoga bien-sûr, vous pouvez vous en tenir à faire fondre une pomme coupée en dés et revenue dans un fond d’eau (effet crumble garanti !), saupoudrée de cannelle et accompagnée d’une poignée de noix de cajou ou d’un carré de chocolat noir en petits morceaux).

Les astuces pour les jours de tempête

Les deux premières minutes

Commençons par la plus puissante : la méthode des deux premières minutes. Si nous faisions un concours pour savoir qui sera le plus régulier dans sa routine de yoga, je vous accuserais de tricher si je vous voyais l’utiliser tant elle est efficace !

L’idée est simple, votre job, pour cocher la case « faire mon yoga », c’est uniquement d’assurer les deux premières minutes de votre séance. Oui oui ! Vous sortez votre tapis, vous enfilez votre tenue, vous vous asseyez, vous allumez votre ordinateur destination www.yogilab.fr, vous sélectionnez votre cours et… Time ! Vous en êtes à deux minutes, vous avez cochez la case « faire mon yoga » et vous êtes pleinement autorisé.e à ne vous en tenir qu’à ça.

« Mais Rémi, je n’ai pas fait mon yoga là ! »

Et bien si, 99% du temps, vous faites votre yoga. Le plus dur, c’est de se lancer. Ces deux minutes vous aurons semblé vraiment simples à assurer, vous vous serez préparé.e, et une fois en place, vous aurez tout simplement continué et fait votre séance jusqu’au bout.

C’est de voir votre séance dans son ensemble qui alourdi l’action et qui entrave votre passage à l’acte. Si votre maison toute entière est dans un bazar monstre et que vous vous dites « je dois ranger TOUTE la maison », votre cerveau va résister et vous emmener vers ce que l’on appelle un freeze. En revanche, si vous abordez plutôt votre session rangement en pensant simplement « je vais ranger la cuisine », vous allez le faire, et dans votre élan, enchaîner avec une autre pièce, puis une autre, puis encore une autre.

La méthode des deux premières minutes est le meilleur outil pour réparer sa motivation, et de loin !

Tenir un tracker

Ensuite, « tracker » votre habitude peut s’avérer très efficace. Faite une petite place dans votre carnet ou préparez une feuille que vous laisserez bien en vue et tenez les comptes. Conscientiser votre parcours, vos efforts et votre régularité peut vous donner encore plus de motivation lorsque la résistance s’installe. Reporter votre séance au premier jour de votre nouvelle habitude est bien plus facile qu’au 100ème jour. Vous n’aurez pas envie de cette petite ombre sur le joli tableau de votre résolution. Vous voyez l’idée ?

Partager ses petites victoires

Enfin, pour compléter cette sélection de petites astuces, je vous propose celle qui me semble être la base de votre démarche et qui au coeur de l’ADN Yogi Lab : partager vos petites victoires. Sur le groupe facebook, sur Instagram ou Facebook avec le hashtag #yogilabteam, vous pouvez profiter de ce formidable effet de groupe et partager votre enthousiasme. La satisfaction d’avoir renforcé votre routine et le plaisir de retrouver un groupe de personnes partageant votre passion, vos questions, vos obstacles, votre ambition, c’est un outil de taille pour donner plus de corps à votre expérience yogi.

Impossible pour moi de terminer cet article sans y mettre un peu de ce filtre avec lequel nous observons la planète santé ici sur Yogi Lab : la curiosité, la certitude qu’il n’existe pas de méthode universelle et qu’il faille explorer, tester, constater, modifier, réessayer, partager…

Dans notre podcast « Se motiver quand on pratique seul.e », Tiphaine et moi-même, nous comparons nos expériences personnelles avec ces méthodes, et ce qui a marché pour l’un n’a pas forcément été une réussite pour l’autre. Et au-delà de ça, pour une même personne, ce qui a marché pour une habitude n’a pas forcément marché pour toutes les autres.

Le mot d’ordre, vous l’aurez compris, c’est donc d’expérimenter et de trouver vos propres astuces.

2 réflexions sur “Se motiver quand on pratique le yoga seul.e”

  1. De supers astuces qui semblent facile à mettre en place ! Je vais tester car je suis souvent confrontée à cette motivation qui s’essouffle 😏.
    Merci !!

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