manger moins vite

Pourquoi il faut manger moins vite + 3 astuces

Manger moins vite. Voilà l’exemple type des recommandations que l’on a toujours entendues, de celles qui ont fini par perdre leur sens, que l’on sait fondées tout en ne sachant pas vraiment quel véritable intérêt leur attribuer.

Alors que le temps moyen consacré aux repas à drastiquement chuté, il arrive maintenant que certains ne prennent même plus le temps de s’asseoir pour déjeuner en semaine.

Et comme toujours avec le corps humain, lorsqu’on lui impose une vitesse qui n’est pas la sienne, nous pouvons nous attendre à perdre des plumes dans la manœuvre.

Aujourd’hui, nous allons donc nous pencher sur l’intérêt qu’il y a à manger moins vite, et nous verrons quelques astuces très pratiques pour y parvenir car, comme à chaque fois lorsqu’il est question d’activités réflexes, la volonté seule n’a pas forcément le dernier mot.

La bonne astuce est alors de mise pour se défaire des automatismes les plus profonds.

Manger moins vite permet d’atteindre la satiété en mangeant moins

Nos sensations de faim et de satiété sont provoquées par l’intermédiaire de deux hormones, la ghréline et la leptine.

Si vous avez déjà lu nos articles sur le yoga et la perte de poids ainsi que sur le yoga pour mieux dormir, la ghréline vous est familière.

En effet, cette hormone représente un centre d’attention tout particulier pour ces deux thématiques puisque d’une part elle joue un rôle fondamental dans nos comportements alimentaires, et d’autre part son équilibre est relativement sensible au manque de sommeil et au stress (comme on le voit également dans cet article sur la différence entre une nuit de 8h et une nuit de 6h).

Aujourd’hui, la ghréline sera au centre de notre attention pour le rôle qu’elle joue dans la sensation de satiété qui suit un repas.

Son fonctionnement est très simple : plus sa concentration augmente, plus nous avons faim, et passé un certain seuil, elle va même diriger nos comportements vers la nourriture.

Vous êtes en train de travailler, vous êtes absorbé.e par votre tâche, et en fin de matinée la faim se fait sentir, vous pensez à ce que vous allez manger, vous y pensez de plus en plus et en quelques minutes, vous vous retrouvez à décider de faire une pause pour manger. Vous attrapez votre lunchbox et vous dégustez votre déjeuner.

En fait, on peut voir la ghréline comme une sorte de réveil biologique qui sonnerait pour vous dire qu’il est l’heure de manger.

Et lorsque vous passez à table, le fait de manger va faire chuter votre taux de ghréline, faisant donc disparaitre la sensation de faim et installant progressivement la sensation de satiété.

Tout ça n’a donc rien de très complexe, et c’est en ajoutant une petite nuance à son fonctionnement que vous allez comprendre tout l’intérêt de manger lentement : la chute de la ghréline lorsque l’on mange ne se fait pas instantanément.

manger moins vite

Il y a comme une petite latence entre le moment ou vous mangez suffisamment pour atteindre la satiété et le moment ou la concentration de la ghréline chute de manière à vous faire ressentir cette satiété.

L’image très parlante pour ce phénomène, c’est celle du présentateur du JT et du reporter. Vous savez, le présentateur pose une question au reporter sur le terrain et ce dernier lui répond avec un certain délai. On le voit encore acquiescer et suivre attentivement la question du présentateur alors que celui-ci a fini de la poser depuis quelques secondes.

Et bien dans votre corps, avec la ghréline, c’est pareil. Il y a un délai. Et si vous mangez trop vite, lorsque vous commencez à sentir la satiété, cette dernière correspond en fait à votre état 8 ou 10 bouchées plus tôt.

Dans ces cas-là, très souvent, la sensation de satiété se transforme vite en sensation d’avoir trop mangé.

C’est exactement comme si le présentateur posait sa question au reporter, attendait une ou deux secondes puis, n’ayant pas de réponse, enchainait sur une autre question.

Le reporter recevant la question en décalé répondrait au moment ou le présentateur poserait sa deuxième question et le reportage tournerait à la cacophonie.

Manger moins vite, c’est laisser le temps au corps de répondre, de vous donner un retour durant la pause sur ce que vous mangez.

Si vous enchainez les bouchées, comme vous n’avez pas son retour en temps réel, vous allez forcément manquer le signal de satiété et déborder sur votre portion idéale.

Sous cet angle, manger moins vite revient clairement à développer sa connexion avec ses besoins réels.

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Manger moins vite permet de réduire les problèmes d’acidité

Manger moins vite, c’est mâcher davantage chaque bouchée. Et plus nous mâchons, plus nous mélangeons de salive à notre bouchée.

Et cela va être un grand plus pour notre équilibre acido-basique !

Dans le langage commun, l’équilibre acido-basique désigne à la fois la mesure d’acidité du sang (son Ph), et les mécanismes de l’organisme qui lui permettent de gérer ses variations.

C’est un des grands « interrupteurs » du corps humain dont le bon fonctionnement est synonyme de pleine santé autant que son dérèglement nous en éloigne.

Et il s’agit d’un interrupteur très sensible ! Pour vous donner une idée, la valeur de base du Ph sanguin est de 7,40 et ne peut varier que de 0,02 dans un sens ou dans l’autre.

Pour vous donner un repère, un Ph compris entre 0 et 7 est dit acide, et un Ph compris entre 7 et 14 est dit alcalin (ou basique).

Le Ph du sang est donc légèrement alcalin et va connaître des variations principalement dues au fonctionnement des organes, à notre alimentation et à notre mode de vie.

Pour les gérer, l’organisme dispose d’un set de plusieurs mécanismes dont les plus puissants ne seront malheureusement pas sans conséquences néfastes.

En effet, si la gestion ponctuelle d’une légère acidité se fait sans encombre grâce à des systèmes tampons parfaitement efficaces, une surcharge peut vite mettre le corps dans une situation délicate face à laquelle il n’aura d’autre choix que d’engager des solutions lourdes de conséquences.

Si le travail des reins et des poumons ne suffit plus à réguler l’équilibre acido-basique, l’organisme peut aller jusqu’à dévoyer des minéraux de nos os pour contrer l’acidité.

Un recours loin d’être anodin qui peut très vite conduire à des fragilités osseuses.

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Quel est le rapport entre moins vite et l’équilibre acido-basique ?

L’équilibre acido-basique est donc un élément clé de notre pleine santé, et il se retrouve fragilisé par la vie moderne.

D’une part, la consommation de tabac et d’alcool, le stress, les aliments transformés et les aliments issus de cultures intensives sont très acides. Leur consommation, au regard de l’équilibre acido-basique, revient carrément à jeter de l’huile sur le feu.

Et d’autre part, beaucoup d’aliments prétendument alcalins sont maintenant cultivés et produits avec des substances chimiques les plaçant du côté acide de l’équilibre acido-basique.

Par exemple, cultivée dans votre jardin, une courgette sera alcaline, mais produite dans un champ, même bio (puisque le bio inclut dans son cahier des charges le souffre, un élément pro-acide), cette courgette aura des chances de peser plutôt du côté acide de la balance.

Dans ce contexte, tout élément pro-alcalin est donc bon à prendre ! Et mâcher davantage va être un excellent plus.

En effet la salive est pro-alcaline et puisque mâcher plus de fois chaque bouchée permet de mélanger plus de salive, nous avons là un excellent réflexe à adopter pour notre santé.

Les astuces pour manger moins vite

1) Manger avec des baguettes

Un réflexe très simple à adopter et qui permet de moins charger les bouchées.

De plus, n’y étant pas très habitué.e.s en occident, cela nous demandera plus de concentration et de ce fait, induira l’alimentation en conscience.

Un double bénéfice au service d’une méthode simple et pratique !

2) Poser sa fourchette à chaque bouchée

Rien de plus simple, et les effets sont directs. Les quelques secondes gagnées en procédant ainsi peuvent faire passer un temps de repas de 10 minutes à 15 voire plus !

3) Faire une courte pause

Rien de mieux que faire une petite pause de 2 ou 3 minutes pour permettre à la satiété de se manifester en temps réel.

Si vous partagez votre repas, vous pouvez discuter, vous plonger un peu plus dans la discussion.

Si vous déjeunez ou dînez seul.e, vous pouvez lire quelques lignes d’un livre ou d’un article, ou en profiter pour prendre des notes sur un carnet.

L’idée est de vous déconnecter très légèrement de votre assiette pour « jouer la montre » !