Podcast Une vie de yogi #3 – Acceptation ou abandon ? Avec Tiphaine

 

Bonjour à tous, vous écoutez une vie de yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr.

Vous écoutez l’épisode numéro 3, et nous allons parler d’acceptation.

Ce sont mes débuts sur ce podcast, je rejoins Isa qui a réalisé les deux premiers épisodes que je vous invite à découvrir si ce n’est pas déjà fait.  Isa partage ses expériences yogi, spirituelles ou pas… bref on vous donne un aperçu dans ce qu’est une vie de yogi. Pour ma part, j’aimerais partager avec vous certains grands principes du yoga, j’aimerais partager avec vous les enseignements du yoga, et comment les retranscrire au delà de la pratique, dans notre quotidien. 

 

Je suis super contente de vous retrouver aujourd’hui pour cet épisode. Pour cette première intervention, je voudrais vous parler d’acceptation et d’abandon. Nous commençons par là parce que l’acceptation est la fondation de pas mal d’autres sujets que j’aborderai au fil des semaines sur le podcast. Pour expliquer tout cela, je prendrai souvent des exemples très simples et très communs, pour amener le raisonnement et le rendre le plus compréhensible possible. Ensuite, je vous laisserai le soin de l’appliquer à vos situations, à vos propres expériences si ça résonne en vous. Évidemment l’idée n’est pas du tout de vous dire : faites ci ou ça, c’est comme ça qu’on fait et bon courage. 

 

Au contraire, je préfère vous parler de ma propre expérience – le titre du podcast est “une vie de yogi”. Je cherche à partager avec vous l’authenticité. Je ne vous dis pas que j’ai raison et que je vais vous montrer le chemin vers la lumière… loin de là, si je l’avais je n’aurais pas autant de choses à vous raconter sur le podcast. En fait, c’est surtout un partage de mon expérience et de ce que j’ai pu apprendre et comprendre à force de lire sur le yoga, et à force de le pratiquer évidemment. 

 

Bref, venons en à nos sujets, l’acceptation et l’abandon.

Si j’évoque les deux en même temps c’est parce que souvent, l’opposition que j’ai pu entendre quand j’ai parlé d’acceptation, et l’opposition que j’ai moi même émise la première fois que j’en ai entendu parler avec mon mentor Farida, c’est : si j’accepte, j’abandonne. Si j’accepte je baisse les bras et je laisse passer. J’aimerais qu’on voit en quoi c’est différent. 

 

L’acceptation, c’est le fait de donner son consentement a quelque chose, ou a quelqu’un. C’est donc actif : on décide de donner son consentement.

 

L’acceptation signifie qu’on laisse aller, que ce qui est est. 

Je vais vous donner un exemple qui sera peut être plus parlant. Et c’est là qu’interviennent mes magnifiques exemples pleins d’imagination et d’originalité. D’ailleurs c’est assez amusant parce qu’à l’heure où je vous parle, j’ai fait l’inauguration du studio de tournages Yogi Lab, et justement, il a plu averse LE soir de l’évènement, après plus d’un mois de canicule…   j’avais déjà préparé ce podcast et imaginé cet exemple. Maintenant je peux vous dire que c’est un bon exemple de mise en pratique puisque je l’ai vécu. 

 

Imaginons que vous avez prévu une grande soirée avec un apéritif dinatoire, champagne, petit discours et des tas de choses pour vos invités. Nous sommes en juillet, vous avez toutes les raisons de penser qu’il fera beau. Mais le jour j, il pleut. Vous avez toutes les raisons d’être déçu.e, furieux.se… 

 

S’offre à vous la possibilité d’accepter la situation, ou de la refuser, de la rejeter. Ce refus se traduira par le fait de vous agacer, de pleurer, vous décourager voire annuler. Cela pourra aller jusqu’à vous faire passer une mauvaise soirée.

 

La question de savoir si oui ou non vous acceptez vient en réalité déterminer la qualité de votre expérience.

 

Pourquoi ? Tout simplement parce que dans notre exemple, il pleut. Et peu importe votre réaction, peu importe si vous acceptez ou non, il va pleuvoir. Votre réaction n’a donc aucun impact sur ce qui est. C’est extérieur, c’est un fait. Vous n’avez pas votre mot à dire sur la météo. Par contre, vous avez votre mot à dire sur votre réaction face à ce fait. 

 

La seule chose sur laquelle vous avez la possibilité d’agir, c’est sur votre manière de gérer la situation, pas sur la situation en elle même.

 

Je prends cet exemple très simple mais cela peut se traduire dans d’autres situations de notre quotidien un peu plus complexes et qui nous causent de la peine. Prenons un autre exemple. Vous travaillez dur depuis 6 mois pour montrer à votre patron que vous méritez une promotion. Dans quelques temps la promotion sera annoncée et vous avez mis toutes les chances de votre côté, les heures supplémentaires, les prises d’initiative, les formations, les dévouements… vous êtes l’employé parfait. 

 

Au moment d’annoncer la promotion, votre patron l’offre à l’une de vos collègues qui travaille à mi-temps et qui ne s’est pas donnée autant que vous. Il y a de quoi vous gâcher la journée, voire même plusieurs semaines. 

 

Ici encore vous avez un choix qui s’offre à vous. 

  • soit vous vous révoltez, vous vous plaignez, vous dénoncez ouvertement
  • soit vous prenez sur vous mais vous n’en pensez pas moins,
  • ou encore, vous acceptez et cette situation ne vous affecte différemment. En acceptant, vous déterminez la qualité de votre expérience. 

 

Si vous ruminez et si vous cultivez une envie de vengeance, ou un sentiment d’injustice, vous vous infligez des émotions négatives. Si vous acceptez la situation telle qu’elle est vous vous épargnez bien des peines. 

 

Et alors, je vous entends me dire : donc j’accepte et j’abandonne. 

Non non loin de la. 

 

Accepter = abandonner ou se libérer ?

En fait, l’acceptation n’est pas synonyme d’inaction. Je ne vous dis pas d’accepter de voir cette promotion largement méritée passer sous votre nez sans réagir, avec un sourire niais et les mains en namaste. 

 

L’opposition que j’entends assez souvent c’est : si j’accepte alors je me résigne et rien ne changera. 

Hé bien je vous propose que l’on utilise au contraire cette acceptation comme carburant pour les actions qui vont suivre. Ce n’est pas parce que vous acceptez que vous ne pouvez pas agir. Je répète : Ce n’est pas parce que vous acceptez que vous ne pouvez pas agir. 

 

La différence, c’est simplement que votre action sera dictée par une volonté saine et non par une colère, une jalousie ou un sentiment d’injustice. La décision d’action que vous prendrez sera prise avec un esprit plus clair, puisque la colère ou la haine ne viendront pas troubler votre jugement et votre décision.  

 

Refuser les choses sur lesquelles nous n’avons absolument aucune emprise comme la météo ou la décision de votre patron ne permettra pas de changer la situation, par contre, ce refus aura pour effet de modifier votre expérience face à ces faits immuables. 

 

L’acceptation vous permettra de ne pas vous encombrer avec des sentiments comme la colère, ou l’injustice. Vous les sentirez forcément c’est humain, mais ces sentiments seront plus facile à gérer avec l’acceptation. Et cela fait partie de l’acceptation d’ailleurs. 

 

On accepte ce qui nous arrive aussi. On accepte de ressentir de la colère, c’est beaucoup plus facile ainsi. Si vous refoulez vos sentiments alors c’est encore tout une histoire. Je ne vous dis pas de vous mentir à vous mêmes en vous disant, ok il m’arrive ça, c’est dur, c’est nul, je ressens de la colère mais la prof de yoga m’a dit que je dois accepter : donc je le dis haut et fort, j’accepte.

 

Ce n’est pas juste le fait de se dire ok j’accepte qui vous aidera. Il faudra réellement accepter, et ça, c’est plus difficile. Vous passerez forcément par une étape ou les sentiments désagréables arriveront. Il faudra apprendre à les gérer. C’est la que la pratique du yoga ou de la méditation peuvent venir en aide car on apprend à les observer et à les laisser venir, les laisser partir aussi. Ce n’est pas quelque chose que la majorité d’entre nous fait instinctivement. 

 

Accepter n’est pas laisser l’impunité

 

Enfin, on peut aussi s’opposer à l’idée d’accepter parce qu’on a l’impression de laisser les autres gagner, et on a l’impression de laisser régner l’impunité. Dans le cas de la météo on n’a pas grand chose a dire, mais dans notre exemple de promotion manquée, on voit bien de quoi il retourne. On pourrait être tenté.e de “punir” celui qu’on estime être le responsable de notre mécontentement : ici le patron ou la collègue.

 

Le premier ou la première à être punie, c’est vous, si vous n’acceptez pas les faits. Ces sentiments, de peur, de tristesse, de haine, d’injustice, c’est vous qui les ressentez, pas la personne en face de vous. A la rigueur vous pourrez jeter un regard noir a votre patron, mais ce regard noir, il viendra de vous, le poison, il viendra de vous, il est en vous quand vous réagissez ainsi. 

En acceptant vous ne donnez pas raison à l’autre, vous vous épargnez simplement un sentiment de mal-être. En fait, l’acceptation, c’est égoïste.

 

En acceptant, c’est un processus différent qui se met en place. La peur, la haine, le ressentiment ne nous font pas réfléchir et agir comme une personne sûre d’elle ou une personne sereine. Toutes nos actions viennent d’une intention malveillante, dictée par les émotions que je viens de mentionner. En acceptant la situation telle qu’elle est notre réaction ne sera plus dictée par une envie de vengeance, par une tristesse, par un sentiment de haine. 

 

Accepter chez soi comme chez les autres

 

Jusqu’ici je vous ai parlé de faits extérieurs, d’actions des autres – décision du patron ou de faits totalement hors de notre contrôle – la météo. 

 

Il y a un autre cas dans lequel la notion d’acceptation est intéressante : c’est l’acceptation que l’on peut s’accorder à soi. Là aussi l’idée selon laquelle acceptation n’est pas synonyme d’abandon est perceptible. 

 

Il y a deux façons d’accepter. Il y a : 

  • se résigner
  • accepter activement pour pouvoir avancer.

 

Rappelez vous que le fait d’accepter, c’est le fait de donner son consentement. Il y a des choses pour lesquelles on a tout intérêt à accepter et on le sait tous à peu près, c’est extérieur à nous et très clairement hors de notre contrôle.

 

Il y a aussi des choses un peu plus subtiles de notre quotidien, notamment les cas d’acceptation que l’on peut s’accorder à soi. Et pareil, je vais prendre un exemple banal, celui qui revient le plus souvent pour être honnête avec vous : La question de l’image de soi et de perte de poids.

 

Pour celles et ceux parmi vous qui n’aiment pas leur reflet dans le miroir, ou qui sont malheureux dans leur situation professionnelle par exemple, vous vous êtes peut-être déjà dit : j’accepte parce que de toute façon je n’ai pas le choix. Là, c’est différent de donner son consentement. Dire : j’accepte parce que je n’ai pas le choix, ce n’est pas un acte volontaire. C’est une forme de résignation, c’est un façon de baisser les bras. 

 

Je précise ici qu’il n’y a là aucun reproche, aucun jugement sur le fait de baisser les bras et de se résigner. La seule chose que je vous souhaite, c’est de vous résigner et de baisser les bras en pleine conscience. En yoga, on aime la pleine conscience. Vous pouvez donc faire un petit exercice d’introspection et vous pouvez vous dire : j’ai abandonné, j’aurais pu changer les choses mais j’ai abandonné et je le fais en pleine conscience. C’est comme cela que l’on n’est plus la victime de ce qui nous arrive mais qu’on devient l’acteur/l’actrice de ce qui se passe dans notre vie. Même si ça concerne l’abandon.

 

L’acceptation en revanche, c’est se dire : je n’aime pas le reflet dans le miroir, aujourd’hui je suis comme cela et je l’accepte, j’accepte ma condition du moment et je vais pouvoir agir en sachant précisément d’où je viens. Idem avec la situation professionnelle, on peut se dire “je n’aime pas mon travail en ce moment, j’accepte cette situation actuelle, je vais chercher à en changer”. 

 

Je ne sais pas si vous voyez en quoi l’acceptation est puissante ici. En fait elle nous permet d’arrêter de tourner en rond dans notre tête avec des idées noires. Je vous le dis parce que j’ai été prise dans ce vortex plusieurs fois par le passé. J’ai occupé des posts de juriste qui m’ont fait penser en boucle que je ne faisais pas ce que j’aimais, que je ne devais pas mériter mieux, que j’étais nulle, que je ne savais qu’agir contre mes principes… Et quand on est prisonniers de ces pensées, on ne peut pas aller de l’avant. 

 

C’est un concept très présent en yoga. En fait, on a notre situation, qui est neutre, qui est ce qu’elle est peu importe ce que l’on fait. Aujourd’hui maintenant votre situation c’est X et point final vous ne pouvez rien y faire à l’instant T. Par contre comme je vous le disais vous avez le choix de ce que vous en pensez. Et l’acceptation, c’est penser que l’on a le droit de vivre notre situation X maintenant, on se libère des pensées négatives et on projette l’avenir. 

 

Quand j’étais dans mon vortex de pensées négatives, je n’ai jamais pris une seule décision bienveillante à mon égard, j’étais dans mes pensées mais c’est tout, ce n’était pas fertile. Je cherchais au contraire des distractions et bien souvent c’était le sucre, mais pour d’autres c’est l’alcool, la cigarette, la drogue… le sucre en est une d’ailleurs.

 

En revanche, quand on accepte la situation on se donne le droit de prendre le dessus. On n’a pas le choix de notre situation mais on a le choix de ce qu’on en fait, et c’est justement à cela que sert l’acceptation. 

 

Accepter et agir

 

L’acceptation vient en plusieurs étapes : 

 

1- Je prends conscience de ma situation – on est obligés de savoir ce qu’on accepte, donc avant tout on observe

 

2 – Je choisis de l’accepter telle qu’elle est

 

3 – Je choisis d’agir en fonction de ce que je recherche 

 

Si on prend l’image négative de soi parce qu’on n’a pas assez de muscle par exemple, c’est de se dire :

 

  • ma situation est que je ne fais pas assez d’exercice physique et que je n’ai pas un corps musclé selon mes critères (on prend la responsabilité de tout ce qu’on pense donc quand on dit pas assez musclé c’est selon VOS critères à vous de ce qu’est un corps musclé)
  • j’accepte que c’est ma situation actuelle, à l’instant T je suis ainsi, j’accepte que cela me fait sentir mal dans ma peau, j’accepte le dégoût ou la tristesse ou le désespoir – rappelez vous que c’est un exemple
  • je prends les mesures nécessaires ou j’abandonne parce que finalement ce n’est pas essentiel pour moi. 

 

C’est très bateau, ce que je vais vous dire, et en même temps quelque chose que l’on ne pratique pas assez selon moi. Aujourd’hui maintenant on peut décider ensemble d’accepter, que dans la vie il y aura des moments très chouettes, et des moments beaucoup moins sympa, qui nous demanderont un gros travail d’acceptation. Nous aurons des sentiments très contrastés. Mais justement, c’est grâce à ce contraste que nous pouvons aussi vivre l’expérience de la joie, du bonheur. Si par quelque moyen que ce soit on vous promet le bonheur éternel, mettez l’alerte rouge. La vie c’est une nuance de plein d’émotions. Imaginez un arc en ciel d’émotions. On en parlera en détail dans un prochain épisode et sur le site Yogi Lab.

 

Cet épisode est un épisode auquel vous pouvez revenir quand vous voulez, pour vous rappeler. Surtout, quand on écoute plusieurs fois la même chose, on n’entend pas toujours la même chose. 

Et si vous voulez aller plus loin je vous conseille vraiment la méditation sur le moi futur, un exercice de visualisation qui vous permettra de poser des questions. Mais je ne vais pas aller trop vite, car justement, poser des questions : c’est le sujet d’un autre épisode. 

 

J’espère que vous avez aimé partager ce moment avec moi. J’ai adoré échanger avec vous et j’ai déjà hâte de commencer mon prochain enregistrement. Alors, je vous dis à très vite !

 

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