Divertissements

Podcast Une vie de Yogi #29 – Comment utilisons-nous notre temps avec Rémi

Tous nos divertissements n’ont pas le même impact. Dans la joie qu’ils nous délivrent mais aussi dans l’empreinte laissée sur notre quotidien. Quand un après-midi de jeux vidéo nous amuse, la maitrise d’un instrument nous transporte, affine notre oreille et nous donne de nouveaux outils pour enrichir notre expérience de la vie. Quand une série sur Netflix nous divertit, l’acquisition d’une nouvelle langue nous permet de converser ailleurs dans le monde, d’affiner notre compréhension des cultures.

Certains divertissements nous ramènent à notre point de départ, d’autres nous élèvent. Mais il y a une barrière à franchir, une haie à sauter, l’appel de la dopamine à tempérer.  Jouer Clair de Lune et connaitre une délicieuse ivresse à la rencontre entre satisfaction profonde et explosion des sens, ça ne se résume pas à s’assoir et jouer. Il y a dans ces quelques minutes de joie toutes les heures d’apprentissage, de travail, de répétitions, de maitrise. Il y a dans l’excitation d’enfin maitriser cette nouvelle langue et de s’entendre parler avec fluidité dans de nouveaux pays toutes les heures de grammaire et de prononciations infructueuses. Il y a dans cette joie des nuances, des instants qui ne sont pourtant pas que pur plaisir.

Si le divertissement instantané se fait séduisant parce qu’il est extrêmement facile d’accès, ces plaisirs aussi intenses que complexes nous échappent parfois parce qu’ils requièrent l’effort. Il nous faut parvenir à reporter la récompense pour en obtenir au terme un nectar d’exception, comme le Flow de Mihaly Csikszentmihalyi nous l’apprend depuis 50 ans bientôt. Ajourner le petit plaisir immédiat pour savourer la joie pleine, remplacer le passe-temps par la réalisation, la distraction par l’accomplissement.

Pour y parvenir, inspirons-nous de la sagesse du Grand Est. J’emprunte aujourd’hui la belle image de BKS Iyengar et de son fleuve puissant. Dans ce tableau, l’homme est un fleuve qui, s’il est laissé brute, traverse la carte de bout en bout. Mais il est possible de construire des canaux pour irriguer des cultures, faire tourner les moulins et moudre le grain, alimenter l’industrie et nourrir à profusion. Il est possible d’ériger des barrages et créer de vastes réservoirs… Il y a une multitude de constructions à bâtir pour utiliser la puissance de ce fleuve et alimenter nos plus belles œuvres.

Et chaque construction sur ces rives une habitude que l’on prend au quotidien et qui vient alimenter nos projets les plus grands.

Cette vision de l’effort nous propose une vue d’ensemble et nous insuffle la motivation pour sauter la haie, pour passer la barrière.