Podcast Une vie de yogi #24 Le pardon et la culpabilité avec Tiphaine

Bonjour a tous, vous écoutez une vie de Yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr. Je vous présente l’épisode numéro 23 et nous allons parler de pardon et de culpabilité. 

 

Avant de commencer, j’aimerais prendre 5 secondes pour vous proposer de laisser une note au Podcast, si vous l’aimez, on adorerait que vous nous laissiez 5 étoiles sur la plateforme de votre choix, et pourquoi pas un petit commentaire pour nous faire signe ! On vous remercie d’avance, ca nous aidera a rendre Une vie de yogi plus visible. 

 

On peut maintenant commencer sur notre sujet du jour, le pardon. Ce sujet amène forcément à parler de culpabilité, puisque, qui dit pardon dit acte à pardonner… donc culpabilité. Et pour commencer nous allons nous entendre sur ce qu’est le pardon. Même si l’on n’est pas obligés d’être d’accord sur ce que c’est, on peut au moins s’entendre sur ce que nous dit le dictionnaire. 

 

Ainsi on peut trouver la définition suivante pour le pardon : Fait de ne pas tenir rigueur d’une faute ; rémission d’une offense. 

 

Nous parlons de ce sujet sur une vie de yogi tout simplement parce que je pense que le yoga, dans sa philosophie et dans sa pratique, nous aide beaucoup à instituer le pardon comme valeur, comme quelque chose que l’on apprend à accorder plus facilement. Depuis que je pratique le yoga, je remarque que je garde beaucoup moins de rancoeur en moi, que ce soit vis à vis de mes actes ou ceux des autres. 

 

Je pense que c’est un mélange d’apprentissage à lâcher prise, de bienveillance, et d’acceptation. Aujourd’hui je m’attelle donc à la tâche de traduire avec des mots le petit chemin que j’ai commencé a faire sur le sujet du pardon… et je voudrais clarifier avec vous un point important, tout cela m’est venu grâce à la pratique physique du yoga. Il ne s’agit pas d’une grande sagesse soudaine qui m’est venue.

 

Est-ce que vous trouvez qu’il est difficile d’accorder son pardon quand une autre personne nous a fait du mal ? Si votre réponse est oui il y a des chances pour que vous ayez autant de mal à vous accorder ce pardon a vous memes. Aujourd’hui nous allons parler du pardon que l’on peut accorder aux autres mais aussi au pardon que l’on peut s’accorder à soi, il est tout aussi important !

 

Et pourquoi accorder son pardon est important ? Hé bien parce que si nous n’avons pas pardonner quelque chose à quelqu’un ou à nous mêmes, c’est alors un poids que l’on supporte en nous. C’est donc un fardeau mentalement, dans nos pensées. Et si vous adhérez à l’idée que le corps, lui aussi, traduit nos pensées négatives en mal physique, c’est un poids que l’on impose au corps. 

 

Je vous propose donc d’approcher le pardon différemment, parce que si nous sommes ici ensemble c’est justement pour s’inspirer du yoga, et de la philosophie qui l’entoure pour prendre soin de l’esprit et du corps. 

 

Alors, c’est parti, allons-y pour pardonner !

 

Pardonner est un cadeau que l’on se fait

 

Commençons par cette notion, car il semblerait que c’est un point qui a mis beaucoup d’entre vous d’accord. Comme souvent, j’ai demandé votre opinion sur instagram (@yogi.lab) pour voir un peu ce que vous pensiez du pardon. Vos réponses ne sont ni noires ni blanches, mais une notion revient souvent dans vos phrases : vous estimez que vous faites une faveur à la personne que vous pardonnez. L’une d’entre vous m’a même répondu avec une formule très intéressante : je le fais parfois de bon coeur. 

 

Il y a donc selon vous l’idée que c’est un acte de charité, de courtoisie, d’accorder votre pardon. Et vous estimez que la personne en face de vous ne mérite pas ce geste bienveillant. C’est un cadeau que vous n’êtes pas en mesure de faire. Après tout si on vous a fait une crasse, pourquoi feriez-vous en retour, un cadeau ? 

 

Pour répondre à cette question je vous propose qu’on parle de 2 points : notre système de valeurs et la notion de cadeau fait à autrui

 

Notre système de valeurs

 

Essayons de regarder les choses autrement. Je vais vous donner un exemple, ce sera certainement plus parlant. On va prendre un exemple digne d’une série teenager américaine. Votre meilleur ami a embrassé la personne sur qui vous aviez un gros crush, lors d’une soirée, alors qu’il ou elle savait très bien que vous étiez éperdument amoureux ou amoureuse de cette personne. Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que, selon notre système de valeur, généralement, cet acte est classifié comme “pas cool”, “pas correct”, “déloyal”. Il s’agit quand même de votre meilleure amie (si vous adhérez au concept des meilleurs amis). 

 

Décortiquons ensemble la situation, et pour cela, je vais vous proposer plusieurs idées. 

Premièrement, si vous en voulez à votre ami.e, c’est parce que vous estimez qu’il ou elle vous doit une certaine loyauté. Et dans votre définition de la loyauté il y a : ne pas embrasser votre crush. C’est ce qui est généralement admis dans les codes de notre société. Notez que j’ai dit “généralement admis”, il y a toujours des exceptions. Nous n’avons pas tous les memes systemes de valeur. 

 

1- on vous doit la loyauté

2- cette loyauté implique qu’on n’embrasse pas n’importe qui 

 

Ce sont deux attentes que l’on impose à autrui, en fonction de notre système de valeur. Si l’attente que l’on a des autres n’est pas honorée, alors on se sent trahi. Et si on se sent trahi, on a la possibilité de pardonner ou de refuser d’accorder son pardon puisque c’est une trahison. Mais rappelons une chose essentielle, c’est une trahison que nous avons créée dans notre esprit parce que nous avons des attentes et un système de valeur. 

 

Est-ce que je suis en train de vous dire que vous devez abandonner vos attentes et votre système de valeurs ? Pas du tout. Si j’évoque ces points, c’est pour remettre les choses en perspective. Il y a toujours deux côtés à une même histoire, au moins deux. 

 

Dans notre exemple, il y a plusieurs possibilités. Votre ami.e n’a pas le même système de valeur et ne voit pas le mal dans cette façon d’agir, votre ami.e ne vous a pas écouté ou pas compris sur le fait que vous tenez tant à cette personne… ou autres possibilités.

 

Je vous rappelle que je ne suis pas en train de vous dire que vous avez tort d’avoir des attentes et des principes. Au contraire les principes sont essentiels, nous avons déjà évoqué cela ensemble. 

 

Besoin d’une boussole

 

Reprenons maintenant notre idée selon laquelle on fait un cadeau à autrui. Le cadeau que l’on fait, c’est que l’on pardonne à autrui de ne pas avoir adhéré a nos principes a nous. C’est un peu comme si nous étions ensemble dans un labyrinth. Vous avez une carte du labyrinth qui vous indique la sortie, et moi j’en ai une autre. Nous avons chacun une carte différente pour arriver à un même but. Je suis mon plan, et vous suivez le vôtre. 

 

Seulement voilà, je vous en veux, parce que vous n’avez pas suivi mon plan. Mais je vais être sympa et vous pardonner de ne pas avoir suivi mon plan, je vais vous faire ce cadeau. Est-ce que cette idée vous paraît absurde ? Vous vous dites certainement que vous n’avez rien fait de mal, vous avez juste suivi votre plan. 

 

Bien souvent la personne en face de vous se dit la même chose, qu’elle n’a rien fait de mal. Pourquoi ? Parce que cette personne, comme vous et moi, a besoin de justifier ses agissements, de confirmer qu’elle a bien fait. Nous refusons bien souvent, par réflexe, de voir les choses telles qu’elles sont, nous mettons des enjoliveurs. C’est un premier point. Et le deuxième, c’est que bien souvent nous n’avons pas conscience de faire du mal, parce que nous ne faisons que suivre notre propre carte. Comprenez ici que la carte, le plan, ce sont nos principes. Ces principes sont différents d’un individu a l’autre, meme si, comme on l’a déjà dit, notre société nous en impose. 

 

Bien entendu, nous avons tous une boussole qui nous permet de naviguer dans la société et d’éviter les comportements généralement jugés comme inacceptables. C’est pourquoi, si votre ami.e avait pris le temps de regarder sa boussole, il ou elle n’aurait certainement pas agi ainsi. Seulement, voilà, c’est fait ! 

 

A qui fait on un cadeau ? 

 

Ce qui est fait est fait. Donc, la question du cadeau revient et finalement, on s’aperçoit que le fait de pardonner est surtout un cadeau que l’on se fait à soi même. Pourquoi ? 

 

Voyons ensemble avec un autre exemple, sur le plan professionnel pour changer. Et toujours avec de beaux exemples qui mettent la nature humaine à l’honneur. J’espère que vous me pardonnerez d’utiliser des exemples aussi banals. 

 

Admettons donc que vous êtes à la tête d’une équipe de 4 collègues pour un projet que vous dirigez. L’un de ces collègues a une tendance à ne jamais être satisfait, a avoir toujours quelque chose à redire, et à voir le négatif. De votre côté vous faites tout pour rendre la communication et l’expérience de travail plaisante. Seulement, vous avez appris que ce collègue se plaint de vous, de votre méthode de travail et des retombées. Seulement, elle ne vous fait pas part de ses plaintes à vous personnellement, a l’inverse, c’est auprès de vos autres collègues, et pour notre exemple, on va dire qu’elle les connaît à peine, que cette même personne se plaint, et parfois même auprès de vos clients ! 

 

Bref en gros je pense que vous avez compris, il s’agit d’une situation dans laquelle on parle dans votre dos et on sabote votre crédibilité, votre réputation. Il y a de quoi voir cela comme une trahison, quelque chose qui n’est pas pardonnable. J’essaie de vous proposer une mise en situation avec un concept de trahison assez exacerbé pour que nous poussions la réflexion assez loin et que vous puissiez voir que la notion de pardon peut s’appliquer aux petites bévues comme aux grandes trahisons. 

 

Vous avez votre sentiment de trahison par les agissements de cette personne, d’un côté. Et de l’autre côté,  vous avez cette personne, qui a agi par rapport à ses principes, ou avec une intention malveillante. Si elle a agi sans malveillance, juste parce que dans ses principes il y a le fait qu’on peut se plaindre auprès de personnes autres que les personnes concernées. 

 

Elle vous a trahi en fonction de vos principes a vous puisque vous êtes une personne directe, franche et intègre qui n’aurait pas agi ainsi, puisque vous avez ces valeurs. Et vous estimez que vous feriez un cadeau si vous pardonniez cette personne qui ne partage pas vos valeurs. 

 

Alors, sachez que cette personne a déjà un beau fardeau dans la vie même si elle ne s’en aperçoit pas, parce que se plaindre et parler dans le dos des autres n’est pas une jolie qualité. Vous pouvez déjà vous féliciter de ne pas être pareil, bien que, soyons honnêtes, nous avons tous déjà critiqué quelqu’un dans son dos. Mais peut être pas au point de gravité de notre exemple qui caractérise bien la trahison. 

 

Bref revenons à notre notion de cadeau. En gardant la rancoeur, vous vous punissez. En pardonnant, ce n’est pas à l’autre que vous faites un cadeau, l’autre sera comme on l’a dit soit inconscient de faire du mal, ou alors conscient de faire du mal et aura déjà une belle punition a porter. 

 

C’est à vous mêmes que vous faites un cadeau en ne vous ajoutant pas cette charge, car comme on l’a dit la rancoeur est un poids. En pardonnant, on s’allège de ce poids.

Je parle de poids, tout simplement parce que le fait de ne pas pardonner nous vient d’émotions assez fortes : de la rancoeur, de l’énervement, de la colère, un sentiment d’injustice. Ce sont des fardeaux pour le mental et pour le corps. 

La semaine dernière Pawel parlait justement de soigner nos émotions, et parlait du lien entre le corps et les émotions. Si vous n’avez pas écouté l’épisode précédent je vous le conseille vivement, il nous explique très bien ce qui se passe dans le corps quand nos émotions sont mal gérées. 

 

Pour faire court, Pawel nous explique le mécanisme qui se met en place, ou plutôt les mécanismes qui peuvent se mettre en place lorsque nous avons telle ou telle émotion qui nous vient à l’esprit. Nous sous estimons bien souvent l’effet de notre santé mentale sur notre santé physique. Si vous vous attachez au ressentiment, il se peut que cela vienne affecter le corps. 

 

D’où l’importance de prendre soin de sa tête autant que son corps. Et prendre soin de la tête ne veut pas dire que l’on a un problème psychologique. Tout comme vous allez à la salle de sport pour vous entretenir, sans que l’on vous dise que vous avez un  problème physique, vous pouvez prendre soin de la tête sans avoir de “problème” à proprement parler. 

 

Maintenant que nous avons compris pourquoi il est important de pardonner, j’aimerais bien voir avec vous rapidement un point important. 

 

Le pardon n’est pas un feu vert

 

Le fait de pardonner ne veut pas dire que vous donnez un feu vert à la personne concernant un comportement. Plusieurs de vos réponses suite a mon petit sondage insta disait que vous refusez parfois de pardonner pour que la personne face à vous comprenne qu’il ne faut pas refaire. 

 

Maintenant que nous savons que le fait de ne pas pardonner est avant tout une punition que l’on s’inflige à soi, peut être aurez-vous aussi mesuré que le fait de pardonner ne signifie pas que l’on valide un comportement. 

 

Pour cela, il sera nécessaire d’imposer nos limites. Comment ? Hé bien tout simplement en indiquant a la personne que nous ne validons pas un tel comportement même si nous le pardonnons. Et si la personne recommence ? Nous sommes responsables de notre réaction, c’est ce que je vous dis souvent dans le podcast. Nous sommes responsables de ce que nous allons faire ensuite. Et bien souvent, si un comportement nous paraît nocif, alors nous pourrons prendre la décision de partir.

 

C’est le cas par exemple pour un couple qui ne partage pas les mêmes valeurs. C’est a nous de dessiner les limites, le minimum et le maximum que nous pouvons tolérer. 

 

Par exemple imaginons un couple hétéro. Il veut des enfants, elle n’en veut pas. Il a placé les enfants dans ses priorités, c’est un point essentiel. Elle aussi a placé son indépendance dans ses priorités donc chacun pourra décider de partir. Je sais que c’est beaucoup plus facile a dire qu’a faire. Je vous donne cet exemple sans prendre en compte la complexité des sentiments que l’un a pour l’autre. 

 

Cependant, c’est une bonne illustration. Autre illustration, restons sur notre couple. Elle aime passer du temps seule, et occasionnellement accompagnée, lui, aime passer du temps en couple à faire des activités. Elle aime son compagnon assez pour accepter de passer plus de temps avec lui même si elle aime aussi son temps a elle, et lui aime assez sa compagne pour ne pas passer autant de temps qu’il l’aurait voulu pour son couple. Chacun a placé ses limites, la question des enfants dans notre couple 1 est une limite infranchissable, la question du temps passé ensemble dans notre couple numéro 2 est une limite que l’on est d’accord pour moduler. 

 

Pardonner, oui, mais pas compromettre sur nos principes essentiels et sur les limites que l’on souhaite imposer. 

 

Pardonner pour se libérer d’un fardeau n’est pas vraiment une faveur faire a l’autre, c’est une faveur que vous vous accordez. Inutile de porter du poids en trop, vous ne pensez pas ?

 

J’espère que cette approche, que je vous propose ici, vous aide à aborder le pardon d’une autre manière.

1 réflexion sur “Podcast Une vie de yogi #24 Le pardon et la culpabilité avec Tiphaine”

  1. Un podcast qui me donne vraiment matière à réfléchir sur un sujet qui n’est pas si évident que ça pour moi…..
    Merci beaucoup , grâce à tes mots je pense que je vais aborder la chose différemment et je sens que vais y gagner un peu en légèreté🙏

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