Podcast Une vie de yogi #21 Le repas de fêtes, l’abondance comme un.e yogi avec Tiphaine

 

Bonjour a tous, vous écoutez une vie de Yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr. Je vous présente l’épisode numéro 21, et nous allons parler du repas de Noël, plus précisément, comment l’aborder version yogi. 

 

Beaucoup d’entre vous m’ont fait part d’une grande crainte : les craquages alimentaires face à la profusion de nourriture. Je voudrais vous proposer quelques outils pour vous aider a gérer cette tendance a vouloir manger tout ce qu’il y a sur la table. Je vais aussi vous donner mon point de vue en tant que diplômée en nutrition avec quelques conseils pour l’avant et l’après. 

 

Après tout que serait Noël sans les immenses tablées remplies de nourriture bien riche ? Sauf que selon notre approche face à cette abondance, le rêve peut vite devenir un cauchemar. Dans l’épisode numéro 19 nous avons abordé les autres points qui vous angoissent, concernant Noel. Aujourd’hui, je vous propose de traiter ce point séparément, tout simplement parce que vous avez été nombreux et nombreuses a me faire part de cette angoisse. 

 

Pour commencer je voudrais vous dire une chose. Elle est importante. Notre tendance à vouloir tout manger, tout goûter, sans écouter notre faim, est NORMALE. Il est vrai que certaines personnes se régulent très facilement, et savent dire stop quand ils n’ont plus faim. Mais soyons honnête, si vous écoutez ce podcast, vous faites partie de la team “j’ai mal au ventre” parce que vous vous êtes resservis au dessert. 

 

Une partie de nous se révèle face à cette abondance culinaire. On a l’impression que le pilote a quitté le cockpit et que Mr ou Mme Mangetout a pris les commandes. Bref… la perte de contrôle est assurée et nous redoutons ce moment. Nous redoutons notre pire ennemi : nous mêmes. Peut-etre qu’il vous arrive même de vous demander d’où vient cette tendance a aller jusqu’au mal de ventre, pour le plaisir de manger. Mais, est-ce vraiment un plaisir après un certain stade ? 

 

Nous allons voir ensemble que Noël, le repas, peut faire partie d’un véritable moment de plaisir. Il nous suffit de savoir gérer notre partie intérieure qui nous pousse à l’indigestion. 

 

C’est normal ?

 

Quand on aborde un tel sujet, je pense que la première chose qui compte est de comprendre que nous ne sommes pas anormaux, et que notre corps, notre cerveau, met juste en place des automatismes qui n’ont plus lieu d’être. 

 

C’est normal, parce que souvenez vous que notre cerveau n’a pas évolué aussi vite que notre mode de vie. Il a donc de vieux automatismes têtus, qui, visiblement, ne veulent pas partir malgré leur obsolescence. Nous étions chasseurs cueilleurs et nous pouvions passer des jours sans manger, puis trouver un endroit ou nous nourrir. 

 

Qu’est-ce qui nous a permis de survivre ? Les aliments riches en gras et en sucres. Disons plutôt, d’un point de vue de survie : les aliments nourrissants. Et la je vais vulgariser et y mettre un peu de fantaisie, mais en gros, si vous etes la, c’est parce que vous avez hérité dans votre ADN de cette petite partie qui vous dit : MANGE TOUT CE QUE TU PEUX dès qu’il y a de la nourriture. 

 

Vos cousins qui n’avaient pas cette partie dans leur ADN n’ont pas survécu parce qu’ils n’ont pas eu le message qui disait : fais tes réserves parce que demain ca va etre dur. 

 

Quand nous voyons notre repas de Noel, cette partie de nous s’allume. 

Mais ce n’est pas tout. Dans notre culture, nous avons une grande notion de plaisir, en lien avec l’alimentation. L’alimentation n’est pas juste un moyen de donner du fuel à notre corps, c’est bien plus, c’est un plaisir. 

 

En fait, c’est comme si au lieu d’aller à la station essence pour votre voiture, vous alliez servir du Mazout farci au diesel, sur un lit de gasoil flambé. La nourriture n’a plus un simple aspect pratique, elle a un aspect social et plaisir. 

 

Nous les êtres humains, nous sommes tellement doués que nous avons réussi à rendre la nourriture encore plus bonne que ce qu’elle était. C’était cool, jusqu’à ce que cette faculté se retourne contre nous, au point ou c’est tellement bon qu’on en veut toujours plus. 

 

Autre point important, la vision. Le fait de voir tous ces aliments sur la table, l’expectative dans laquelle nous sommes que tout est bon, nous met aussi dans un état émotionnel ou nous confirmons avant d’avoir goûté, que ca va etre bon. Bref, tout est fait pour nous faire craquer. 

 

Le plaisir, la restriction et la pulsion 

 

Nous en venons à la notion de restriction, de plaisir et de pulsion. Avec cette angoisse qui vous tient, vous allez certainement vous dire : allez, je ne craque pas, je mange 2 brocoli et j’ai droit à un morceau de pain c’est tout. Je caricature mais je pense que vous voyez ce que je veux dire. Cet état d’esprit, ce contrôle forcé, est selon moi la meilleure recette pour propulser le craquage. 

 

Pour cet épisode, ce que j’entends par craquage, c’est le moment ou vous mangez alors que la satiété est arrivée. 

 

Dans tout ce mélange gourmand, il y a une question d’hormones et c’est comme s’il y avait une grosse dispute au QG endocrinien. D’un côté l’hormone de satiété, de l’autre l’hormone du plaisir… on ne sait plus où donner de la tête. Encore une fois je simplifie et vulgarise, l’objectif n’est pas de vous expliquer en détail ce qui se passe dans votre système endocrinien

 

Le plaisir est ce qui nous amène à en vouloir plus. La notion de plaisir est capitale ici pour plusieurs raisons. 

Comme je vous le disais précédemment, le plaisir et l’alimentation sont culturellement liés pour nous. Deuxièmement, c’est ce plaisir qui fait aussi que nous en voulons toujours plus. 

 

Simplement, je voudrais vous proposer de peser les plaisirs que l’on peut ressentir. 

 

D’un côté nous avons le plaisir du gâteau au chocolat, le goût, la texture, la gourmandise. En anticipation de ce plaisir nous avons tous les signaux dans le corps qui nous disent : encore. D’un autre côté, sur le plus long terme, donc en laissant de côté le plaisir immédiat de la part de gâteau, nous pourrons envisager d’avoir des douleurs, une fatigue liée a ce surplus de nourriture. 

 

C’est aussi lié à notre nature humaine, nous favorisons le plaisir immédiat, et tant pis pour plus tard. Sauf que l’après, si on y pense, est assez douloureux… surtout dans le cas des craquages alimentaires. 

 

Le plaisir du début est vite compromis si on pense a ce qui nous attend : 

  • les crampes abdominales
  • le foie qui souffre
  • le pic d’insuline
  • la culpabilité d’avoir pris une deuxième part
  • le plaisir qui n’en est pas vraiment un si on revoit notre définition du plaisir

 

En effet, est-ce qu’on peut vraiment parler de plaisir quand nous en sommes a la fin du repas, avec largement assez de nourriture dans le ventre ? Si certaines personnes parviennent d’ailleurs à se réguler, c’est tout simplement parce qu’une fois que les hormones de satiété (souvenez vous que je vulgarise) ont fait leur apparition, le plaisir diminue, voire, disparaît. Si vous écoutez ce podcast j’imagine que ce n’est pas vraiment votre cas et que vous êtes des gourmands qui craquent presque à coup sûr. 

 

Je vous rassure, moi aussi, j’adore le gâteau au chocolat et je craque presque à chaque fois. Mais j’ai quand meme reussi a developper des outils pour me rendre service. Dans son pack de vidéos sur la nutrition, Rémi nous en dit beaucoup et nous livre pas mal d’outils pour bien gérer nos comportements alimentaires. 

 

Ici il ne s’agit pas de faire une ode au contrôle de soi, mais plutôt de vous donner des outils pour vous permettre de ne pas tomber dans un cercle vicieux d’auto-destruction.

 

Les notions de restriction et de pulsion ont leur place ici aussi, l’une étant bien souvent liée à l’autre. Ainsi, si vous arrivez au repas en vous disant : je ne craquerai pas, je me restreins, les chances sont augmentées pour que la pulsion arrive et qu’elle nous paraisse incontrôlable. 

 

Pour cela voici un tout petit conseil qui pourra initier une meilleure dynamique : le discours intérieur pourra plutôt être : je sais gérer mon corps, je sais prendre soin de moi. D’ailleurs je peux même vous proposer de pratiquer la séance de yoga nidra sur la gestion d’une angoisse en particulier. Il s’agira en fait d’envoyer un message positif à l’esprit et au corps, au lieu d’un message négatif comme on pourrait avoir envie de le faire.

 

Comment dire stop ?

 

Cela m’amène à vous parler de la question que vous me posez souvent : comment puis-je dire stop ? Je vous propose d’aborder la chose d’une autre façon. Il ne s’agira pas de dire stop mais de renforcer nos comportements positifs. Je vous le disais plus haut, au lieu de dire : j’arrête, je ne mange pas ci ou ca, je me restreins, il s’agira plutôt de partir avec une intention bienveillante, une intention positive, celle de prendre soin de soi. 

 

Il est important de vous préciser à ce stade que cela pourra ne pas fonctionner systématiquement et qu’un tel projet demande du temps, de la pratique, de la patience. Nous remettons en question, nous chamboulons de automatismes, des circuits, des actes que nous avons ancré. Il s’agit de tout re-paramétrer, ca ne se fait pas en 1 jour. Enfin, pas pour tout le monde.

 

Nous avons tous en nous les connaissances qui nous permettent de prendre soin du corps, parce que si nous apprenons à l’écouter, il nous envoie beaucoup de signaux. Puisque l’on sait à présent que ce qui nous arrive est “normal”, alors nous pouvons avoir une base de travail saine pour la suite. 

 

Bien souvent nous sommes nos propres détracteurs, nous sommes très durs avec nous mêmes, ce qui a l’effet de nous pousser encore plus vers la pulsion, vers le craquage. Combien de fois m’avez-vous rapporté que vous ne contrôlez plus et que c’est un peu comme si vous méritiez ce qui vous arrive. Cette pensée est souvent inconsciente. Je vous propose de réécouter l’épisode sur la perte de poids ou sur les détox pour faire ou refaire un point sur ce sujet. 

 

En effet, dans nos excès, il y a toute la dimension physique, mais il y a aussi, est c’est très lié au physique, les émotions en elles-memes. La nourriture, en plus d’etre plaisir, est aussi une distraction. Pendant un repas de Noel, beaucoup d’émotions peuvent survenir, comme nous l’avons vu dans l’épisode précédent. C’est donc aussi une raison de plus qui s’ajoute, de craquer.  

 

C’est pourquoi il y a aussi un travail à faire sur l’observation de nos émotions. Je vais vous proposer quelques outils pour gérer tout cela. 

 

Quelques conseils pour l’avant et l’après 

 

Pour finir donc, il y a quelques exercices que vous pouvez faire. Je vais vous proposer certains exercices a faire tous seuls, si jamais vous n’avez pas envie d’aller sur Yogi Lab. Et bien sur si vous avez envie d’aller plus loin, j’ai des outils sur Yogi Lab également. 

 

Le premier outils que vous pouvez utiliser seuls, c’est l’écriture. Prenez une feuille de papier, un stylo, et notez vos craintes, vos appréhensions… Commencez pas une seule. Puis posez la question : pourquoi ? vous aurez une première réponse… reposez la question : pourquoi ? Et approfondissez encore et encore votre raisonnement. Cela pourra vous amener loin. 

 

Autre possibilité, donnez vous 5 minutes, pas plus, avant votre repas, pour vous poser, respirer et cultiver comme intention notre fameuse affirmation : je sais prendre soin de moi. 

Allez aussi écouter les épisodes sur la perte de poids, sur les émotions, pour trouver d’autres pistes et outils. 

 

Pour aller plus loin bien entendu je ne peux que vous recommander les différents outils sur Yogi Lab : 

 

  • le cours de yoga pour gérer les fringales,
  • la méditation guidée sur le moi futur, 
  • le cours de yoga nidra

 

Et nous avons même de quoi vous aider pour l’après. Carole, qui est prof sur Yogi Lab, a créé un cours spécial, le yoga quand on a trop mangé. Vous pouvez aussi agrémenter avec les cours de yoga pour les émotions négatives ou pour les pensées toxiques. 

 

Bref, vous n’êtes pas seuls dans ce cas, vous n’êtes pas seuls pour gérer puisque nous sommes la, et sachez que notre groupe facebook pour les inscrits sur Yogi Lab recèle de petits conseils. Nous sommes toutes et tous présents pour répondre à vos questions et vos appréhensions. Vous avez été si nombreux à me faire part du fait que Noël ne représente pas grand chose de positif pour vous, qu’il me tient à coeur de partager tout cela avec vous. 

 

Noël, les fêtes de fin d’année, sont un moment de féérie et nous y voyons ce que nous voulons voir. Pour ma part, je n’y vois plus le côté consumériste négatif. C’est un excellent moment de partage, un bon moyen de se rappeler nos valeurs de partage, de bienveillance, de confiance. C’est l’occasion de renouer avec la famille que l’on ne voit pas assez, mais c’est aussi l’occasion de faire le ménage et de poser les limites que nous voulons poser.