Podcast une vie de Yogi # 20 – L’amour est à nous avec Tiphaine

 

Bonjour a tous, vous écoutez une vie de Yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr. Je vous présente l’épisode numéro 20, et nous allons parler d’amour.

 

Aujourd’hui, nous avons un joli sujet sur la table. L’amour. Il y a énormément de choses a dire, et c’est le moment revé de traiter ce sujet ensemble. Les fetes approchent, les films avec des histoires d’amour romanesques se font de plus en plus nombreux… bref, il est temps de faire un point ensemble sur tout ca. 

 

L’amour, c’est une émotion que l’on ressent, pour une personne, pour un animal, parfois pour un objet. C’est une belle émotion, dans le sens ou elle se met en opposition a d’autres émotions que l’on aime moins ressentir, comme la tristesse, la colère. 

 

Pourtant l’amour est aussi une émotion qui peut devenir douloureuse. Tout comme il y a de la beauté dans la tristesse, il y a de la douleur dans l’amour. Surtout s’il n’est pas partagé. C’est souvent le fruit de beaucoup de déceptions et je pense que nous avons tous plus ou moins connu cet exemple où l’on ne ressent pas l’amour d’une personne de qui on attend cet amour. 

 

Par exemple vous avez peut être recherche l’amour de votre mère sans le trouver. C’est assez rare mais ca arrive. Je prends un exemple qu’on pourrait estimer assez extrême, mais cela illustre bien une partie de ce que je chercherai à partager avec vous aujourd’hui. Tout d’abord, nous allons voir ensemble que l’amour est une émotion qui nous appartient et que cela a de fortes répercussions sur ce que l’on peut vivre avec l’amour. Nous verrons aussi que notre conception de l’amour nous appartient autant que l’amour que l’on ressent. Enfin nous verrons que l’amour de nos  jours est normé. Mon exemple avec l’amour d’une mère en est l’illustration, nous y reviendrons a la fin.

 

L’amour est a nous

 

Commençons par l’idée que l’amour nous appartient. Qu’est ce que ca veut dire ? Comme je vous le disais au début, l’amour est une émotion que l’on ressent. Nous sommes seuls à ressentir cette émotion. Certes, bien souvent cet amour est ressenti pour quelqu’un d’autre. Comme toute autre émotion, c’est en nous qu’elle se manifeste. Je parle ici de l’amour que vous ressentez, vous. Je ne parle pas de l’amour que l’autre peut ressentir pour vous. Ce sont deux choses très différentes que l’on a tendance à confondre. 

 

Cette idée que l’amour est une émotion qui nous appartient est très importante quand l’on veut évoquer l’idée d’attachement, ou même l’idée d’attente. 

 

Nous avons tendance à confondre entre l’amour que l’on porte pour une personne et l’amour que cette personne pourrait nous porter. C’est important parce que cette donnée vient teinter notre expérience. Je vais vous expliquer ce que j’entends par la. 

 

Nous aimons une personne. Bien souvent, notre amour pour cette personne, s’il n’est pas partagé, sera alors la source d’une déception, d’une tristesse puisque nous attendions de l’amour en retour. Ce qui en soi, est une belle expérience, est alors gâché par nos attentes. L’amour vient de nous, nous le ressentons, c’est une belle chose. Mais si nous conditionnons la beauté de cet amour, a un amour partagé, nous ne serons pas toujours satisfaits et satisfaites. Si nous nous contentons de ce qu’est réellement l’amour : un sentiment que l’on ressent pour une personne, une émotion qui vient créer de la joie et du bonheur en nous. 

 

Toute émotion est cependant à la merci de son contexte et de la personne qui vit ce moment. Si vous adorez les poires, vous allez  savourer le moment ou, affamé et épuisé vous allez pouvoir déguster une poire fraîchement cueillie, assis dans l’herbe en regardant un coucher de soleil. Par contre si vous n’aimez pas les poires, l’expérience sera totalement différente.

 

C’est pareil avec l’amour, c’est pareil avec toutes les émotions. Il y a l’émotion en elle même et il y a tout ce que nous avons construit autour de cette émotion. Ainsi, pleurer quand on est triste est vu comme quelque chose de mauvais, une émotion négative. Nous allons retrouver des personnes qui vont nous dire que cette émotion négative doit être évitée car elle affaiblit notre vibration, et que nous devons nous tourner vers une autre émotion. 

 

Ce que nous enseigne le yoga est tout autre. D’ailleurs j’aimerais aller encore plus loin. Parfois, dans certains cours, nous sommes invités à relâcher les émotions négatives pour les remplacer par des émotions positives. C’est un bel exercice, très bon pour le cerveau qui s’entraîne alors à se tourner vers les émotions positives. Souvenez-vous que nous avons une facilité à nous tourner vers les émotions négatives. 

 

Cependant, les émotions négatives que l’on ressent sont bien présentes, les remplacer par des émotions positives ne fait qu’une partie superficielle du travail. 

 

Maintenant, ce que je vais vous dire relève plus de mon opinion personnelle : selon moi une petite partie du travail se fait sur les émotions, mais la plus grande partie du travail nécessaire se fait sur notre approche face à toutes les émotions quelles qu’elles soient. 

 

Dans le contexte de cet épisode nous parlons d’amour. Je serai amenée à vous donner d’autres exemples plus tard, mais parlons de notre sujet, l’amour.

 

L’amour partagé est source de bonheur, ca, c’est évident. L’amour non partagé est décrit dans les romans, dans les films, dans beaucoup d’oeuvres d’art, comme un événement douloureux, triste. Forcément, dans notre vie nous allons avoir besoin, c’est humain, de partager l’amour, car c’est une émotion qui se partage. En tout cas, c’est le cas dans la convention sociale. Et si nous la mettions en cause un instant ?

 

Sans aller jusqu’à dire que toutes nos relations sociales peuvent se transformer, ne pourrions-nous pas convenir que cette convention selon laquelle l’amour n’est une belle émotion que s’il est partagé est partiellement fausse ? 

 

L’amour en soi est une belle émotion, et puisqu’il nous appartient, nous pouvons tout à fait nous nourrir de cet amour que nous ressentons sans pour autant attendre qu’il soit rendu, c’est à dire que l’autre personne nous signale qu’elle nous aime aussi. Comme un miroir. C’est sans compter que cet amour rendu est lui aussi bien souvent source de frustration puisque nous avons rarement la même façon de montrer notre amour.

 

C’est d’ailleurs le lien parfait vers notre deuxième idée. Nous avons vu en premier que l’amour nous appartient et que cette émotion peut se suffire à elle même pour nous combler. Cela demande certes une gymnastique cérébrale car nous sommes assez conditionnés par l’idée que l’amour se partage. Cette idée sera peut être un peu plus facile a assimiler avec le temps si vous étiez dans cette optique de concevoir l’amour comme quelque chose de positif uniquement si c’est une émotion qui vient d’une autre personne. 

 

Cette idée de conditionner notre bonheur a une émotion qui ne vient pas de nous est le meilleur moyen pour ne pas ressentir ce bonheur. Premièrement parce que nous n’avons pas la garantie que cette émotion sera partagée. Nous conditionnons notre amour a quelque chose qui est hors de notre contrôle. Deuxièmement, parce que même s’il est partagé, il sera source de déception, comme je vous le disais, si nous n’avons pas la même façon que l’autre de témoigner notre amour. 

 

Notre conception de l’amour

 

Cela nous amène donc à parler de notre conception de l’amour. Nous en avons tous une, avec des règles que nous avons établies sur ce que nous sommes prêts et prêtes à faire pour l’élue de notre coeur. Cela pourra aussi être valable en amitié ou avec notre famille bien sur. 

 

L’exemple le plus banal et celui que j’ai le plus entendu c’est : je te fais a manger, pour te montrer que je t’aime. Toi, tu ne me fais jamais a manger, ca doit vouloir dire que tu ne m’aimes pas, ou alors que tu m’aimes moins que moi. 

 

Dans cet exemple notre conception de l’amour, c’est en partie via le fait que nous prenons le temps de préparer des repas pour l’autre. Sauf que dans ce raisonnement, nous ne voyons pas l’essentiel. Comment l’autre traduit SON émotion à lui ou a elle ? Peut être que l’autre n’a pas besoin qu’on lui fasse a manger pour se sentir aimé. Peut être que l’autre nous prête une oreille attentive dans les moments ou nous ne nous sentons pas très bien. En revanche, nous, si nous voyons que l’autre ne va pas bien… qu’allons nous faire ? Si nous en restons à notre conception stricte de l’amour hé bien nous allons lui préparer un repas encore plus spécial. Mais notre automatisme ne sera pas forcément de prêter une oreille attentive. 

 

Récemment, alors que je partageais ce point de vue, on m’a conseillé un livre que je n’ai pas encore lu : les langages de l’amour. Il semblerait que justement ce livre reprend cette idée que nous avons chacun nos langages de l’amour. 

 

Pour ma part cette vision, je l’ai d’abord découverte par le biais d’un livre assez cliché : Les hommes viennent de mars, les femmes viennent de vénus. C’est une approche assez genrée, qui nous dit que les hommes et les femmes n’ont pas la même façon de concevoir, de vivre et de partager l’amour. Il fait part de ces différences en abordant la question en fonction des genres, tout simplement parce que son expérience professionnelle de thérapies de couple lui a montré qu’il y avait une tendance générale en fonction du sexe. Mais je pense qu’il est important de ne pas exclure que parfois, les rôles sont inversés.

 

Ce livre a eu pour avantage de m’enseigner que ce n’est pas parce que moi je fais quelque chose, que l’autre personne sera enclin à faire la même chose. De même, ce n’est pas parce que je refuse certaines choses, que l’autre personne refusera cette même chose. Nous avons chacun notre façon d’exprimer l’amour. 

 

Pour se persuader qu’une personne nous aime il ne faut donc pas regarder si elle coche la liste de toutes les choses que nous sommes pretes a faire pour elle. Il faut regarder si elle coche sa propre liste des choses qu’elle estime nécessaires pour témoigner son amour. 

 

Cela passe forcément par la communication. C’est aussi un bon moyen d’expliquer notre vision de l’amour. Nous ne sommes plus dans le reproche : tu n’as pas fait ca, tu fais ci… Nous sommes dans le partage : j’aime bien ceci, j’aime moins cela. Vous pourrez alors voir ce que l’autre est prêt à faire pour changer son langage, mais aussi ce que vous etes prets a faire pour changer le vôtre.

 

Cette approche est valable pour toutes vos relations, que ce soit avec votre partenaire, avec votre amant, avec votre collègue, avec votre meilleur-e ami-e. et j’en passe. Dans cette approche, nous trouvons certaines choses qui concernent les petits gestes du quotidien, mais il y aura aussi de plus grandes questions qui touchent à la conception même que nous avons d’une relation.  

 

Ca nous amène à notre troisième partie dans laquelle j’aimerais aborder avec vous la question de l’amour normé. Je pense que ce sujet a sa place dans notre épisode, puisque j’aime penser que le yoga nous enseigne aussi l’ouverture d’esprit, et forcément le questionnement de certaines règles, normes, que l’on s’impose parfois tous seuls, même si souvent nous avons l’aide de la convention sociale, de la pression d’autrui. 

 

L’amour normé

 

Vous vous souvenez de ce que j’ai évoqué au début du podcast sur l’amour d’une mère pour son enfant ? C’est ce que j’envisage comme l’amour normé. Je ne sais pas si ce que je vais vous dire va vous choquer ou non, mais je pense que c’est un point important a souligner. Récemment j’ai écouté une émission arte assez axée sur le féminisme et sur l’image de la maternité, sur les choses qui sont imposées aux femmes dans ce domaine. 

 

Plusieurs femmes ont pris la parole pour raconter leur expérience après accouchement. Ces femmes qui parlaient nous expliquaient qu’elles n’avaient ressenti aucun amour pour leur nouveau né. Et si a ce stade vous êtes choqué-es par ce que je vous dis, hé bien c’est l’illustration parfaite de ce que je vois comme étant un amour normé. 

En fait notre mission ici est d’accepter de remettre en question des évidences. Nous avons normé l’amour. Nous avons mis des étiquettes et nous ne les avons jamais décolées pour regarder ce qu’il y avait en dessous. 

 

Ainsi, jusqu’à il n’y a pas si longtemps, nous avions une norme claire : un couple est composé d’un homme et d’une femme. Ce n’est que récemment que nous avons enfin laissé s’exprimer d’autres formes d’amour, d’autre possibilités d’amour, et d’autres degrés d’amour. Petit a petit nous remettons en question les normes. 

 

Bien entendu, il y a une grande majorité de mamans qui aiment leurs enfants, cela ne fait pas de doute. Dans ce sens, on peut considérer que c’est une norme. Entendons norme comme une majorité. Quoi que cette norme est si ancrée qu’il est permis de se demander combien de femmes osent admettre ce qu’elles ont réellement ressenti. Je ne resterai que sur des suppositions a ce propos. 

 

Mais ne trouvez-vous pas amusant qu’une femme qui annonce ne pas vouloir d’enfants est tout de suite vue comme une sorcière, une personne dépourvue d’amour ? Encore une fois, c’est une norme qui a été imposée. 

 

Enfin, l’amour normé peut aussi être le mariage, même s’il l’est de moins en moins dans notre société. Ainsi, le mariage viendrait définir que l’on s’aime ou que l’on ne s’aime pas. Par exemple, pendant longtemps dans mon esprit, les personnes qui s’aimaient VRAIMENT étaient des personnes mariées. Si le couple n’était pas marié, alors c’était un couple qui se laissait une porte de sortie, qui n’était pas sur. 

 

Sauf qu’à cela mon mentor a répondu qu’il s’agissait d’une question de perspective et que selon elle un couple non marié était une belle illustration d’un amour libre. Le couple s’aime tellement qu’il n’a pas besoin de mettre de contrat dans la relation, de justifier aux yeux d’une entité supérieure qu’ils s’aiment. Ils s’aiment et n’ont pas besoin d’un engagement pour rester ensemble, pour se le dire. 

 

Les deux visions sont assez belles. L’essentiel est de choisir celle qui nous ressemble et de l’aborder comme une possibilité de voir de l’amour plutôt qu’un manque d’amour. Hé puis rappelons que l’amour vient de nous, il nous appartient. Nous pouvons le donner, nous pouvons aussi le reprendre. Cependant personne ne peut nous forcer à les aimer, tout comme nous ne pouvons forcer personne à nous aimer. Et c’est tant mieux. 

 

Je termine un peu fort sur le sujet de l’amour, en vous proposant de remettre en question tout cela. C’est volontaire. C’est une première approche en toute liberté de ce beau sujet. 

 

L’amour est une émotion magnifique et plaisante, si l’on sait s’en nourrir, si l’on a appris à l’accorder sans attendre en retour. Si l’on a appris à le customiser à notre façon. Bien entendu, nous pouvons toujours suivre les normes, si elles nous conviennent. Si les normes nous permettent d’exprimer pleinement notre version de l’amour, alors surfons sur la vague. Si les normes sont pour nous une prison à ciel ouvert, alors osons nous en défaire, osons la dissidence. 

 

J’espère que ce premier épisode sur l’amour vous aura aidés a y voir plus clair sur les choses qui selon moi sont importantes. Nous avons vu un panel assez large de sujets qui tournent autour de cette émotion. Je vais continuer a aborder ce sujet avec vous car, selon moi, c’est LE sujet le plus important. Nous n’avons pas parlé d’amour de soi ici, c’est volontaire. Je vous laisse me dire ce que vous pensez de tout cela… J’adorerais savoir si vous etes plutot dissidents ou plutôt dans la norme ? 

 

Allez je vous laisse les yogis, je file préparer mon prochain cours de yoga pour Yogi Lab !! 

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