Podcast Une vie de yogi #18 – Gérer nos peurs avec Tiphaine

 

Bonjour a tous, vous écoutez une vie de Yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr. Je vous présente l’épisode numéro 18, et nous allons parler de gestion de nos peurs.

 

Aujourd’hui je suis très contente de pouvoir vous parler d’un exercice que j’ai adoré réaliser sur moi même et qui m’a beaucoup aidée. Dans la prochaine demi-heure nous allons voir ensemble comment fonctionne notre peur, mais surtout, comment la gérer. Ce que j’entends par gérer notre peur ? Hé bien c’est tout simplement savoir y faire face. Comme pour toute chose en lien avec le yoga, la peur est aussi une émotion que l’on va pouvoir saupoudrer de pleine conscience. Alors, j’imagine que vous êtes en train de penser que la pleine conscience d’une émotion comme la peur : non merci. Vous préférez certainement l’idée d’apprécier un repas en pleine conscience. Je vous l’accorde, c’est beaucoup plus sympa. Quoi que… je vous propose quand même de tester le petit exercice que je vais vous proposer dans cet épisode. Pour ma part il m’a donné de drôles de sensations… on va y venir. 

 

Cet épisode est en quelque sorte la continuité de l’épisode 13 sur la confiance en soi et sur les doutes. 

 

La peur est nécessaire

 

Je ne sais pas si vous vous souvenez que l’idée initiale de l’épisode 13 était de commencer par distinguer le doute nécessaire du doute inutile. C’est la même chose pour la peur. 

 

La peur est une émotion qui nous a sauvé la vie.

Certaines peurs sont très utiles. Je ne vous dis pas de retirer toutes les peurs. Nous allons plutôt faire un travail sur les peurs qui nous sont inutiles.

Il est important de faire une différence entre la peur qui nous permet de vivre, de survivre et la peur qui nous retient d’agir malgré nos désirs. Par exemple nous devons bien distinguer la peur que l’on pourrait ressentir si on roulait à 300 km/h sur l’autoroute (et encore, c’est un mauvais exemple pour les accros de la vitesse), et la peur que l’on peut ressentir quand il s’agit de lancer son projet, ou la peur de s’exprimer en public.

 

Attention, mêmes ces dernières craintes sont parfois nécessaires, pour nous dire que nous ne sommes pas prêts, ou pour nous dire que nous devons d’abord travailler sur nous, avant de savoir se lancer. Simplement, très souvent ces peurs sont démesurées et irrationnelles. 

Et au lieu de nous pousser à travailler sur nous pour se lancer, elles vont nous immobiliser.

 

La peur est normale. Elle a garanti notre survie. Je vais juste prendre un exemple, la peur du rejet. A l’époque des tribus et des clans, notre survie dans la vie sauvage était déterminée par notre appartenance à un clan, le nombre faisait la force. Si l’on se voyait rejeté par notre tribu, c’était un très mauvais présage, car plus personne pour nous protéger des prédateurs, ou d’un autre clan ennemi. C’est extrêmement simplifié, mais c’est assez représentatif de la source de notre peur. Elle est ancrée en nous et il nous appartient de moduler nos actions en reconnaissant que toutes ces peurs sont bien présentes et qu’elles sont normales et nécessaires.

 

L’action par la peur

 

Nous ressentons tous la peur parce que nous avons tous un cerveau, même les animaux la ressentent, c’est notre mécanisme de survie. 

Il est important d’avoir conscience que la peur est donc une émotion normale. Elle est NORMALE, donc elle atteint tout le monde. Même la personne que vous admirez le plus. On peut meme aller plus loin, les personnes qui nous inspirent ressentent encore plus de peur tant ils savent se mettre dans des situations incroyables. Je trouve assez sympa de pouvoir se dire que même Ryan Golsing ressent de la peur. Même Elon Musk ressent de la peur. La seule différence entre lui et un autre, c’est que sa peur n’est pas un frein mais un outil utilisé pour améliorer son action. 

 

Je pense que nos peurs les plus communes sont la peur du rejet, la peur de l’échec, la peur de l’abandon, du jugement aussi… ce sont celles qui me viennent à l’esprit. D’ailleurs j’en profite pour vous proposer une petite lecture qui vous aidera beaucoup si vous connaissez ces peurs et qu’elles prennent  beaucoup de place dans votre vie : les 5 blessures qui empêchent d’être soi même, de Lise Bourbeau. 

 

Si l’objet de notre peur se réalise, alors nous le vivons comme un échec et généralement, on n’aime pas les échecs. Or, l’échec est le meilleur moyen d’apprendre. Et surtout, l’échec est probable mais pas systématique. Et je vous entends dire dans votre tête “oh pour moi il y a toutes les chances que ce soit un échec”. Si vous voyez l’échec, c’est le moment d’utiliser cette clairvoyance. 

 

Vous êtes persuadés que vous allez échouer ? C’est génial ! On va pouvoir se faire le scénario dans notre tête et voir ce qui nous a fait échouer. 

 

Et pour ca la premiere question est : Est-ce que votre scénario s’arrête à l’idée ? En effet, si c’est le cas vous avez échoué. Mais allons un peu plus loin ensemble. Essayons de voir les autres paramètres qui pourraient nous faire échouer. 

 

Vous pouvez prendre une feuille et faire deux cases. Une case comportant tous les échecs possibles et une case comportant les solutions  que vous pouvez envisager puisque vous avez déjà anticipé l’échec. Et on peut même commencer ensemble avec la même chose. On peut noter dans la colonne échec : ne pas me lancer. Et dans la colonne solution : trouver les causes, les éléments qui me font peur puis trouver une solution pour chacun. Ensuite, c’est a vous de jouer. 

 

En faisant cet exercice, on vient pirater le mental qui prend le contrôle de notre vie parce que les peurs sont bien là et parce qu’on a l’impression qu’elles sont juste une évidence. Elles ne le sont pas. Elles sont le fruit de la pensée. 

 

Vous transformez votre peur en atout, votre action sera déterminée par votre capacité à gérer cette peur, elle ne sera plus déterminée par la peur en elle-même. 

 

En fait notre peur est projetée sur un moment qui n’est pas encore, et elle nous vient, le plus souvent, d’un moment passé, qui n’existe plus. Dans ce scénario nous ne retrouvons pas le moment présent. Donc je vous propose qu’on aille le chercher pour mieux comprendre notre émotion.

 

L’introspection 

 

Nous identifions que cette peur nous vient d’une seule chose : une pensée. Et si vous m’écoutez depuis longtemps, vous savez que nous sommes les seuls responsables de ce qui se passe dans notre tête !

 

A quoi ressemble la peur quand on la ressent ? 

Cet exercice en lui même est impressionnant. Nous allons vers le peur. Nous la laissons venir. Quand j’ai testé cet exercice sur moi j’avais l’impression d’être dans une attraction Disney a l’intérieur de moi même. 

 

En fait avec cet exercice, on n’est plus dans le futur que l’on craint, on n’est plus dans le passé qui a créé cette peur, on est dans le moment présent. Dans ce moment présent la seule chose qui est, réellement, c’est cette émotion de peur. 

 

Pour une mise en application optimale, il vous est possible de pratiquer une séance de yoga ou de méditation, qui peut être longue ou courte, et de vous poser ensuite en savasana, en allant vers l’émotion. Comme à chaque fois, on devient observateur ou observatrice. On regarde ce qui se passe dans le corps, ce qu’on ressent, et a quel endroit dans le corps on le ressent. Pour cet exercice je trouve que le cours idéal est certainement le cours Vinyasa Flow – Souffler et relâcher. Il vous suffira de taper le mot “souffler” dans la barre de recherche sur la page des cours pour le trouver.

 

Si vous cherchez la définition de peur, vous trouverez notamment : émotion qui accompagne la prise de conscience d’un danger, d’une menace. Bien souvent ces dangers et ces menaces sont créées de toute pièce. Notre égo, qui nous protège mais qui nous joue aussi des tours, vient créer des réalités virtuelles et des émotions viennent accompagner ces évidences que l’on s’impose.

 

La visualisation et la reprogrammation

 

Dans le challenge de rentrée, Rémi vous explique la puissance des visualisations et les effets qu’un exercice de visualisation peut avoir sur le corps. C’est donc un autre exercice que l’on peut également tester. 

 

Avoir peur et être en danger ne sont pas synonymes, et pourtant nous les confondons souvent.

 

Je vais vous donner un exemple très très simple. J’ai une peur irrationnelle d’avoir la tete a l’envers. Cette peur est très positive, elle me préserve. En effet, grâce à cette peur je ne me lance pas dans un handstand sans avoir étudié la question. J’évite ainsi la blessure. Mais cette peur est aussi une limite puisqu’elle m’empêche d’essayer. 

 

Cette crainte irrationnelle d’avoir la tête à l’envers est tout simplement une peur de l’inconnu. Donc, je me suis dit : cette peur crée en moi une réalité virtuelle qui m’empêche d’agir. Parfait, je n’ai qu’à me promener dans cette réalité virtuelle. 

 

La visualisation nous permet de voir ce qui peut se passer. Nous sommes alors en mesure de l’envisager sous tous les angles. Les grands angoissés ont souvent 1000 scénarios a la minute quand il s’agit de se lancer dans quelque chose. C’est un bel atout que l’on exploite pas assez selon moi. L’essentiel, c’est de ne pas tomber dans un extrême. Mais au fil des épisodes du podcast et des coachings sur Yogi Lab je pense que nous irons assez loin pour éviter cela.

 

Ne nous arrêtons pas la. Allons regarder, allons visualiser. Je pense que vous avez déjà entendu que la solution idéale pour gérer une peur est d’y faire face, de mettre les mains dans un bocal d’araignées, de sauter, de parler en public… bref de vous mettre dans ce qui vous fait peur. 

 

Avec la visualisation, c’est justement ce que nous faisons, mais nous le faisons en douceur. C’est la première étape, ce n’est pas la finalité. 

 

En ayant visualisé nous avons souvent une meilleure idée de ce qui peut arriver. La peur est toujours présente mais elle est associée à plusieurs éventualités, car bien souvent nous imaginons plonger la main dans un bol d’araignées et ne rien ressentir de particulier a part la peur, quelques instants, pour comprendre ensuite qu’il ne s’est rien passé.

 

D’ailleurs, bien souvent la peur d’une chose est bien pire que la chose elle même. Après beaucoup beaucoup de pratique sur moi même j’ai réussi à dompter la peur des araignées. Je ne sais pas si vous aussi vous aviez une maman ou une grand-mère qui vous disait qu’il était inutile d’avoir peur d’une araignée car au fond, elle avait plus peur que nous. C’est ce que je me suis répétée pendant longtemps avant de pouvoir enfin les laisser gambader sans mettre la pièce entière en quarantaine. Ne vous inquiétez pas, je ne vous demande pas de faire pareil, c’est un exemple et on peut appliquer cet exemple a des cas plus abordables du quotidien.

 

Nous avons donc vu la pleine conscience pour connaître l’émotion de la peur, nous avons vu la visualisation pour avoir un premier contact avec la peur et la menace potentielle que nous envisageons. 

 

En combinant les deux, nous nous retrouvons avec une conscience de ce qu’est la sensation de peur et un début de compréhension : la menace et la peur sont bien deux choses différentes. Il y a la peur, que nous ressentons dans le corps (c’est souvent dans le ventre) et il y a la menace que nous avons visualisée (et qui, bien souvent, n’est pas si terrible). Ces deux éléments nous poussent donc à une prise de conscience et nous pouvons alors nous séparer de la peur. Elle n’est pas nous, elle n’est pas une évidence, elle est simplement le fruit de la pensée. 

 

 Puisqu’elle est la quand meme, nous allons l’utiliser pour optimiser notre action, l’action qui mène à cette menace. Par exemple, si notre peur est de parler en public, nous allons utiliser la peur pour nous pousser à rédiger quelque chose en avance. Nous allons nous préparer. Notre visualisation nous aura permis de comprendre qu’il y a des chances pour que tout se passe très bien puisque nous connaissons la langue française et nous avons des cordes vocales. Ma visualisation m’aura aussi permi de voir qu’il y a des petites chances pour que je bégaie, ou pour que je perde le fil de ma pensée. Rien de si terrible, rien que je ne puisse pas corriger. 

 

Nous voilà prêts pour se lancer dans le grand bain, et pour agir.

 

Je récapitule juste rapidement les deux petits exercices que je vous ai proposés durant notre petit moment passé ensemble : 

  • l’exercice écrit ou on va faire 2 colonnes et citer les échecs possibles + les solutions
  • l’exercice d’aventurier qui consiste, après une pratique de yoga ou de méditation, d’aller voir nos peurs, d’aller regarder. Cet exercice n’est pas évident et généralement il parlera plus aux yogis parmi vous qui ont déjà suivi pas mal de mes cours. 

 

J’ai également une autre astuce à vous proposer, en lien avec une petite nouveauté que je suis super contente de vous annoncer. 

Je me suis formée récemment au yoga nidra. Le yoga nidra est une pratique très différente de ce que l’on connait et elle représente selon moi un bel exercice d’introspection.

Si vous avez envie de vous plonger dans une nouvelle aventure avec moi, j’ai lancé un tout premier cours, pour qu’on débute vraiment ensemble et qu’on suive les prochains cours de manière évolutive. J’ai hâte de savoir ce que vous en pensez et ce que vous aurez ressenti pendant le cours. 

 

Je voudrais aussi en profiter pour vous remercier d’être de plus en plus nombreux à écouter ce podcast. C’est un vrai bonheur pour moi de partager tous ces outils, que je découvre au fur et à mesure grâce au yoga. 

Vidéo Youtube de l’enregistrement