Podcast une vie de Yogi #1 – La persévérance en yoga avec Isa

 

Je suis Isabelle, prof de yoga en haute savoie et en ligne sur le site yogilab qui soutient ce podcast. Sur Yogi Lab vous trouverez des centaines de videos de yoga pour vous accompagner dans votre pratique quels que soient votre niveau ou vos envies
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Pour ce premier épisode, j’avais beaucoup d’idées mais aucune ne sortait du lot….Puis, un jour, où, comme chaque matin ou presque je me mettais sur mon tapis je me suis dit…Mais qu’est ce qui me pousse, chaque jour à venir sur mon tapis ou à mettre un peu de yoga dans ma vie?
Alors oui, on va parler de persévérance aujourd’hui, mais de persévérance yogi
J’avais envie de commencer ce premier podcast par un extrait du Livre I des yoga sutras de patanjali
« La pratique deviendra bien ancrée en nous quand elle sera faite pendant un long moment, sans interruption et avec persévérance et sérieux »
Alors est ce donc ça la pratique du yoga?
On se pose sur son tapis, on pratique avec sérieux la respiration, les asanas, on suit les règles de vie du yogi, les tapas, les niyamas et on atteint la samadhi, l’éveil spirituel?
Honnêtement, je n’en sais rien et j’avais envie de parler avec vous de la discipline du yogi, de persévérance, de recherche de perfection, de différence entre persévérance et entêtement et de trouver…sa propre pratique.
Vous est-il déjà arrivé de regarder votre compte instagram et, devant toutes ces postures de yoga impossibles d’avoir honnêtement pensé: « mon dieu, je dois pratiquer beaucoup plus, c’est que comme ça que je réussirai à bien faire une posture et être une bonne yogi ».
Mais après tout, c’est quoi être un bon yogi?

La discipline du yogi

Si on revient aux textes originels du yoga (même si là aussi il y a débat), dans les yogas sutras de Patanjali, on retrouve à plusieurs moment la notion de persévérance, notamment dans la première que je vous ai partagé en début de podcast.
Une notion importante à développer ici est la notion de Tapas, soit, Tapas (livre II yoga sutras patanjali)
Je vous invite à regarder les vidéos de Tiphaine sur Yogi lab, la série yogi academy qui explique à  merveille ces termes
Ce mot (presque un concept) peut être traduit par austérité. Mais  également par « brûler ou créer de la chaleur ». On fait face à une  notion de purification. À l’exemple de l’or, au plus on le brûle plus ses impuretés disparaissent
Et enfin, il peut être traduit aussi par « l’auto discipline »
Dans la Bhagavad Gita, Krishna parle de 3 type d’austérités, d’auto discipline:
  1. les austérités du corps, par le célibat, la dévotion, la pureté, la non violence envers son corps. L’idée ici n’est pas réprimer le désir sexuel mais, selon la personnes ayant commenté ce texte, de le remplacer par de la méditation, des prières, des mantras.
  2. l’austérité de la parole, la parole devant être tranquille, honnête, bienveillante et utile. Une des paroles védiques dit « parle avec vérité, parle avec bienveillance », les 2 vont ensemble.
  3. l’austérité mentale: sérénité de l’esprit.
Bon, autant être honnête avec vous, certaines choses me parlent, d’autre moins.
Pour la première, l’auto discipline envers son corps, je la comprends comme le fait de respecter son corps.
Pour cela, j’ai envie de vous partager une petite histoire, très personnelle. J’ai découvert le yoga il y a 10 ans, j’avais 20 ans et un rapport plutôt délicat à mon corps.
Je connaissais des soucis avec l’alimentation, j’avais eu vers 17 ans des pulsions « boulimiques » et je voulais…maigrir…Alors que, je ne pense pas que j’en avais besoin.
On peut ajouter à cela le fait que j’avais eu une première expérience sexuelle vraiment….je ne peux pas trouver les mots justes disons que j’avais du mettre une barrière entre mon corps et mon esprit pour continuer à avancer.
Autant vous dire que lors de ce premier cours de yoga ce qui m’a le plus frappé ce n’était pas le jargon. Ce n’était pas les postures.
C’était que pendant la relaxation, j’avais du mal à sentir des zones de mon corps. Comme si c’était des zones mortes.
Je ne dis pas que le yoga a tout réglé, il m’a fallu de nombreuses années, des rencontres, un soutien inconditionnel de mon conjoint pour pouvoir laisser de côté de vieux démons.
Ce que le yoga m’a apporté c’est ce « respect » envers mon corps. Cette capacité à mettre des barrières, à dire non.
Je pense justement que pour les jeunes filles et les jeunes garçons, le yoga peut être une aide énorme par rapport à la sexualité. Comprendre que la sexualité n’est pas « mauvaise » si elle est vécue dans le respect, dans l’amour et dans la joie.
Mais le respect pour son corps passe aussi par le fait, je pense, de faire de l’activité physique, de se nourrir, bref, pratiquer toutes ces choses qui nous font du bien. Et pas besoin qu’on nous le dise: ce qui nous fait du bien on le ressens.
Parfois, notamment au niveau de la nourriture ça peut être compliqué de retrouver ce lien. Il faut commencer petit pas après petit pas.
Observer la différence de sensation après avoir mangé une poignée de fruits rouges. Et après avoir mangé quelques gâteaux du commerce.
Au fur et à mesure on détecte les petits signaux que notre corps nous envoie pour nous remercier. Il n’y aura pas une chose bonne pour tout le monde, c’est à vous de trouver ce qui vous fait du bien.
Au sujet de l’activité physique, avant d’aller courir, on a souvent la flemme, on peut être honnête, mais au fur et à mesure qu’on ressens ce petit coup de boost post activité physique, notre esprit oublie que c’est pénible et se concentrera sur le bien être qu’on ressent après la course.
Concernant l’austérité de la parole, on pense peut être aux 1er des 4 accords toltèque « Que ta parole soit impeccable ». Ou encore à la règles des 3 tamis de Socrate: pour résumer, il vaut mieux se taire si ce qu’on a dit n’est ni vrai, ni bon, ni utile.
Parfois la vérité peut blesser. Je vous dis ça et pourtant, l’honnêteté est une valeur importante à mes yeux, mais en même temps, elle peut être très dure. Il suffit peut être de l’adoucir, par de la bienveillance, choisir le moment opportun (surtout pas quand on est en colère!) et d’avoir en tête le « pourquoi on le dit ». Si notre honnêteté va blesser la personne plus qu’autre chose, est ce que ça vaut vraiment la peine? Là encore il n’existe pas de réponse miracle, ni magique.
Enfin, pour l’austérité de l’esprit, le calme intérieur peut être cultivé en pratiquant la méditation.
Pour pratiquer la méditation pas besoin de beaucoup de chose, simplement votre envie de vous poser! Sur yogilab vous trouverez d’ailleurs plusieurs médiations guidées!
On a commencé à bien dégrossir sur la discipline du yogi, mais je ne sais pas vous mais pour moi….c’est de tenir la discipline sur la durée qui me parait le plus compliqué!

La persévérance

Un des # super populaire sur instagram c’est cette citation: practice and all is coming qui est attibuée à Patabi Jois, père du yoga asthanga.
Pratique et tout viendra…
Mais est ce si simple?
Si je pratique chaque matin, est ce que je trouverai la tranquillité de l’esprit, est ce que tous mes soucis s’envoleront?
C’est pas si simple que ça…
La pratique du yoga, que ce soit sur le tapis ou en dehors est une aide, est un guide.
La persévérance est importante dans la mesure où elle nous permet de créer des habitudes qui pourront durer…toute une vie!
Néanmoins on peut pratiquer le yoga sur son tapis tous les jours et na pas trouver la tranquillité d’esprit.
Par exemple si on est guidé par la compétition (je veux faire mieux que…), par la performance (je veux réussir cette posture à tout prix) ou miné par l’impatience…notre pratique n’aura pas la même saveur ni les mêmes impacts sur notre vie.
Dans un exemplaire des yoga sutras commentés, le swami qui commente les yoga sutras, explique que ce n’est pas tant combien de temps on pratique, mais avec quelle persévérance, avec quelle patience et avec quelle intention.
Il y a un passage que j’avais vraiment envie de partager avec vous car il illustre très bien la beauté qu’on peut trouver derrière la persévérance:
«  Quand vous vous êtes décidé pour quelque chose, impliquez vous pleinement, peut importe ce qui arrive?
Il n’y aura pas de valeur à creuser de manière superficielle dans 100 endroits différents. Décider d’un endroit où commencez, et creusez y profondément.
Même si vous rencontrez une roche, utiliser de la dynamite et…
Continuez de creuser.
Si vous abandonnez au premier obstacle rencontré pour creuser ailleurs, tous vos premiers efforts auront été vains et il n’y a aucune preuve que vous ne rencontrerez pas de nouveau une roche.
Bien sûr avant de vous lancer, analyser bien et cherchez les meilleures conditions.
Même si une longue route vous attend, votre persévérance la rendra courte… »
Que ce soit dans la pratique du yoga ou ailleurs, il y a de la beauté à s’impliquer pleinement dans qqch. Pour certains ce sera la famille, d’autre un projet, un voyage, un rêve…
Le yoga nous permet, à chaque fois qu’on déroule notre tapis de nous relier à ce qui a vraiment de l’importance pour nous.
Contrairement à un sport le yoga n’implique pas de résultats « quantifiables ». Pourtant il existe des compétitions de yoga et dans le yoga Iyengar il y a des « niveaux ».
Mais en règle générale dire de quelqu’un qu’il est « bon » ou « mauvais » en yoga semble un peu étrange.
Alors on aborde donc la question de la recherche de perfection en yoga

Recherche de perfection

L’idée n’est pas de dire si rechercher la perfection est bien ou mal.
Mais plutôt de déterminer si une quelconque recherche de perfection nous permet de garder un esprit tranquille, souple et ouvert.
Selon mon point de vue, la perfection…n’existe pas et est toute relative.
Néanmoins, aujourd’hui, en ouvrant son téléphone et en tapant « yoga » sur les réseaux sociaux, on trouve bien plus de photos et vidéos de postures extraordinaires plutôt que des articles parlant de pensée positive, de bienveillance et de tranquillité d’esprit. Attention, on en trouve aussi, et bien heureusement!
Même la méditation commence à être touchée et on a l’impression qu’il y a une « bonne » manière de méditer et d’autre…non.
Concernant la méditation, il y a une citation de Krishnamurti que j’aime particulièrement; « La méditation n’est pas isolée de la vie. Quand vous êtes au volant, ou dans un autobus, quand vous bavardez sans but particulier, quand vous marchez seul dans un bois ou quand vous regardez un papillon porté par le souffle du vent – prêter à toutes ces choses une attention sans choix fait partie de la méditation ».
Ma prof de méditation a l’habitude de dire « la méditation, c’est au ras des pâquerettes »…Et je pense que c’est la même chose pour le yoga.
On n’est pas meilleur yogi une fois qu’on pratique la posture sur la tête…
Au final, la perfection nous enferme dans des cases, dans des normes, dans des codes et s’éloigne de ce qui me parle en yoga.
Il est plus facile de remplacer une habitude par une autre…Si vous êtes sensible à l’alignement dans vos postures et que vous trouvez du bien être à pratiquer des postures de « challenge », pourquoi ne pas remplacer la recherche de perfection par de la confiance?
Le problème de la perfection c’est qu’une fois qu’on croit un but atteint (= réalisation d’une posture), il est difficile de continuer notre progression, vu qu’on pense avoir atteint le point culminant.
À l’inverse, au plus vous développez la confiance dans une posture, au plus les possibilités d’évolution et de progression se multiplient.
Mais à trop vouloir persévérer, est ce que , parfois, on ne s’éloigne pas de ce qu’on était venu chercher?

Persévérance et entêtement

Quand on s’implique dans le yoga, on observe d’abord peut être les bienfaits physiques (meilleure détente, sommeil plus calme, développement de la force) puis les bienfaits mentaux ( meilleure gestion des émotions, prise de recul)
Mais ces effets, si vous les avez ressentis ou si vous en ressentez d’autres ne viennent par en un claquemenet de doigt parfois il faut plusieurs séances pour pleinement les ressentir.
Alors oui, la persévérance nous aide sur notre pratique.
C’est la même chose quand on s’implique dans un projet qui nous tient à coeur, au début on met en place des actions et au fur et à mesure, vient le jour où on voit les résultat de nos actions.
C’est ce qu’on retrouve dans la nature, on plante un pommier, il faudra du temps, du soin pour que les premières pommes voient le jour.
Néanmoins, cette persévérance peut parfois nous amener dans des impasses.
C’est qqch que j’observe en yoga, parfois, à force de vouloir « se pousser » dans une posture, on frôle l’entêtement et on peu se blesser
Et dans ce cas, je trouve que certaines pratiques sont très complémentaires du yoga, la musculation, le pilates, la danse…Même si la plupart de ces disciplines impliquent une rigueur et une sorte de perfection à atteindre, elles peuvent être utilisées pour gagner en compréhension du mouvement en yoga.
Mais même si c’est sympa de comprendre une posture, le yoga a tellement, tellement plus à nous apprendre!
Le fait d’enrichir sa pratique permet donc de prendre du recul, de voir les choses différemment.
C’est ce qui nous manque quand on s’entête à pratiquer d’une manière qui, au final, ne nous permet pas d’évoluer.
On retrouve la même chose dans la vie: si un projet nous tient à coeur et qu’on s’y implique mais qu’au fur et à mesure rien ne va: notre collaborateur nous plante, on se retrouve avec des soucis financiers, on n’arrive pas à trouver des clients…Ce n’est pas forcément le projet qui est à jeter mais notre manière de nous y investir, ou le plan d’action qui n’était pas assez clair.
Parfois, reculer, prendre de la hauteur peut nous aiguiller à nous investir pas forcément plus…mais mieux

Trouver sa propre pratique du yoga

Il n’y a pas de « conseils pour être meilleur en yoga »…Juste de pratiquer, tapis ou pas, avec le plus de simplicité possible. Et peut être en vivant chaque séance comme si c’était la première.
Pour cela il n’y a pas de recettes miracles ni de baguette magique, alors oui, la persévérance nous aide à expérimenter. À chercher un ou une prof qui nous convienne. Une ou plusieurs pratiques qui nous apaisent.
Et chaque jour, à nous lever avec un but, une envie de partager.
On a parlé beaucoup de pratique de yoga dans ce podcast, mais bien sûr, on peut voir au delà du yoga et prendre conscience que notre persévérance en yoga peut se traduire dans les domaines les plus importants de notre vie.
Je serai ravie de savoir quelle relation vous avez avec la persévérance?
Est ce que vous la trouvez importante ?
Je suis ravie d’avoir partagé ce moment en votre compagnie, n’hésitez pas à nous dire en commentaire quel sujet vous aimeriez écouter pour les prochains podcasts!

1 réflexion sur “Podcast une vie de Yogi #1 – La persévérance en yoga avec Isa”

  1. Ravie de te retrouver ici Isa.
    J’ai beaucoup aimé cette intervention que je trouve très complète.
    La persévérance est plus facile quand on aime ce que l’on fait. Autrement dit le yoga et la méditation deviennent au fil du temps des disciplines naturelles.
    Namasté.

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