Podcast Une vie de yoga #2 – Je ne suis pas spirituelle avec Isa

Bienvenue dans ce deuxième épisode du podcast « une vie de yogi »
Je suis ravie de vous accueillir dans ce nouvel épisode où je vais me confier à vous sur ma « non spiritualité ».
Ou plutôt sur ma volonté de ne pas de définir comme « spirituelle » et de voir un peu quels faux-semblants peuvent s’abriter derrière cette image « sacré » de spiritualité.
Ce sera aussi l’occasion de se questionner sur le sens de la spiritualité et de peut être se rendre compte que toute vie peut être spirituelle. Pas besoin d’artifices ni de formules magiques…
Je suis Isabelle, prof de yoga en Haute Savoie et sur le site Yogi Lab qui soutient ce podcast. Sur Yogi Lab vous trouverez des dizaines de videos de yoga pour vous accompagner dans votre pratique quelque soit votre niveau ou vos envies
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Je dois vous faire une confession…je suis prof de yoga mais…je ne suis pas vraiment spirituelle…
Mais attendez, ne partez pas tout de suite, laissez moi vous expliquer pourquoi je ne souhaite pas me définir comme spirituelle et mon histoire par rapport à la spiritualité
Aujourd’hui je vais vous expliquer ma « quête » de spiritualité, mes déceptions vis à vis de certaines pratiques spirituelles et on terminera par une approche de pleine conscience concernant la spiritualité.
 Avant d’aller plus loin, quand je parle de spiritualité, c’est un peu un figure tout dans lequel on trouve le tarot, les oracles, l’astrologie etc…Je vois beaucoup de personnes s’adonner à ses activités et les qualifier de « spirituelle ».
De mon point de vue, la spiritualité, selon moi, c’est la simplicité à l’état pur. Et je la vois avec une connexion avec ce qui est invisible à nos yeux.
Mais encore une fois, je ne crois pas vraiment à l’astrologie, j’ai du utiliser une fois un oracle, j’ai trouvé ça sympa et quand on me dit que c’est une période sombre car Saturne rentre en capricorne, j’écoute, vraiment, mais…je n’ai pas « d’appétence »  pour en savoir plus.

Ma quête de spiritualité

Honnêtement, parfois, je me sens « mal » car en tant que prof de yoga, de nombreux collègues aiment l’astrologie, parlent en énergie, en chakra, se parlent en mantras et moi dans tout ça je me sens un peu « paumée » et pas hyper intéressée non plus.
Alors quand l’idée de me former pour enseigner le yoga a commencé à germer dans mon esprit j’ai cru, maintenant j’en rigole, que je devais, oui oui oui, me « former » à la spiritualité.
J’ai donc cherché, mais je n’ai pas cherché trop longtemps car un centre de bien être ouvrait dans ma ville et proposait toutes sortes d’ateliers, des conférences, des pratiques diverses et variées.
Voyant cela comme un cadeau du ciel, j’ai commencé à essayer plusieurs pratiques.
La première, je n’ai pas fait que l’essayer puisque je l’ai suivi pendant presque 2 ans. Il s’agissait du yoga du son. On chantait le son de chaque chakra pendant 1h15 puis à la fin on chantait.Je voyais ça comme une sorte de méditation.
Ça m’a apporté beaucoup de calme, j’ai découvert le sens de certains mantras, la signification de certains mots sanskrit mais…ce n’était pas une pratique dans laquelle je me voyais évoluer encore longtemps. j’ai arrêté, en me disant que j’étais vraiment pas spirituelle et aujourd’hui, même si ça ne me manque pas, je conseille cette pratique avec joie si une élève me semble intéressée.
Ensuite, j’ai essayé le rêve éveillé, une pratique de relaxation pour essayer de faire des rêves lucides. Bon, je vais être honnête, j’y suis allée avec mon copain parce que ça m’intriguait et me faisait un peu peur et…les 2 fois je me suis endormie de manière pas du tout lucide au bout de 5 minutes.
Mon copain m’a dit, bon, payer 15€ pour dormir est ce que ça vaut vraiment le coup?
Nouvel échec cuisant.
Mais là encore, je suis heureuse d’avoir découvert, la personne qui guidait ces cours était vraiment sympa c’était chouette de savoir que ce genre de pratique existent et clairement ont un impact très positif sur de nombreuses personnes.
Puis on a vu des conférence, sur la physique quantique, les annales akashiques, j’ai rencontré des personnes qui ont fait des voyages dans les vies antérieures…
Tout ceci m’intéresse mais au fur et à mesure j’ai réalisé que ça ne correspondait pas à ce que je cherchais dans la spiritualité.
Alors quand ma formation de yoga a débuté et que j’ai vu qu’il y avait une grosse partie sur les chakras, j’ai paniqué!
j’avais envie de bien faire, j’avais envie de comprendre et pour cela j’ai bien lu le livre qu’on devait lire pour la formation, très dense, relié à la mythologie Hindu et au tantra yoga, et au fur et à mesure, grâce à ma formation j’ai intégré les chakras dans ma pratique du yoga, notamment dans mes séances.
Mais au plus je touchais du doigt le monde des chakras, au plus je sentais que je m’éloignais de ce que je croyais être initialement la spiritualité.
Mais ça c’est une autre histoire et on en parlera dans le prochain podcast.
En fait, je réalisais que j’avais voulu me « forcer » dans certaines pratiques qui ne…me parlaient tout simplement pas ou parce que je sentais une « division » qui me dérangeait et ne me semblait pas très « spirituelle »
Car oui, j’ai eu quelques déceptions lors de cette quête
La première, celle qui m’a le plus choquée a été lors de mon expérience dans l’ashram de Sivananda, qui se trouve en France, non loin d’Orléans.
Pour ainsi dire, je me retrouvais au coeur de ce que je considérai être la spiritualité, on se levait à 5h30 pour méditer à 6h du matin, on chantait des mantras, on faisait du yoga, avant chaque repas, délicieux et exclusivement lacto végétarien, on se tenait tous la main et on chantait
À l’époque j’étais encore fonctionnaire, ça me semblait tellement tellement éloigné de ma vie quotidienne que j’ai cru que tout le monde était bisounours
Et des bisousnours il y en avait beaucoup mais si j’avais gardé un tant soit peu de réalisme, j’aurais pu remarqué que des faux semblants, il y en avait aussi.
La première réflexion qui m’a étonnée c’est cette conversation, au sujet du véganisme: « Oui, mais nous, (sous entendu les vegan) on est plus évolués » à cette époque j’avais une alimentation végétalienne et cette réflexion m’a choquée car elle me semblait même contraire à ce que je considérait comme l’étique vegan: ne pas créer de division…Et se placer au dessus des autres par rapport à un mode de vie…ça me semblait être tout sauf spirituel.
Ce premier évènement a permis d’enlever le filtre de la naïveté bisounours et de voir les choses telles qu’elles étaient…J’ai fait des rencontres très sympas, mais j’ai aussi été toisée et c’est ok. Ce n’est pas parce qu’on se colle une étiquette « de haute spiritualité » qu’on est forcément…agréable, sans jugements et bienveillant.
Dans cette quête, j’ai aussi rencontré des gens qui, croyant bien faire, était tout simplement à côté de la plaque. j’ai rencontré des personnes qui m’ont clairement dit que « je devais me débarrasser de mon besoin d’argent », alors que je réclamais simplement ce que l’entreprise me devait…Naïve, j’ai demandé « comment as tu fait pour te détacher de l’argent et arriver à payer tes factures, manger? » je pensais très sincèrement qu’on allait me répondre qu’il y a un super frigo collaboratif dont j’ignorais l’existence, ou que je pourrais faire pousser tout un tas de légumes en appartement grâce à une nouvelle technique de permaculture…
Sa réponse a été toute autre vu qu’elle m’a explique « qu’elle avait fait un gros travail sur elle en laissant gérer toutes ces choses (sous entendues, basses, matérielles) par son mari »
En ajoutant que son mari, pdg, gagne très bien sa vie et pouvait subvenir à ses besoins et à ceux de leurs enfants…Elle était très jolie en me disant ça mais je n’ai pu m’empêcher de remarquer, avec amertume, qu’elle avait fait une couleur de cheveux alors qu’aller chez le coiffeur avait fait partie des premiers trucs que j’avais arrêté de faire en devant indépendante.
Elle m’a ensuite demandé pourquoi mon copain ne pouvait pas « subvenir » à mes besoins, comme ça, je pourrais continuer à travailler gratuitement, vu que c’est ce que font les gens bons et désintéressés.
Je ne lui ai pas répondu que mon copain n’était pas pdg et ne pouvait en aucun cas m’assumer à 100%…
Mais j’ai culpabilisé en me disant que je n’étais pas assez spirituelle pour faire ce métier de prof de yoga. Car je devais donc me détacher de l’argent, ne pas demander le respect dans une collaboration. Non, c’est pas spirituel, voyons!
Quelques mois plus tard, la boîte est sorti de son redressement judiciaire, j’ai été payée et l’eau ayant coulé sous les ponts j’ai relativisé. Je suis allée voir la gérante, elle était heureuse, je n’ai pass revu la coach qui m’avait donné cet étrange conseil pour me détacher de l’argent.
Je crois que j’ai été déçue car inconsciemment j’ai toujours placé ces gens « au dessus » de moi…
Un extrait d’un livre de Jon kabbat zinn décrit à merveille ce sentiment:
« en outre, le mot spiritualité résonne pour l’oreille avertie avec une certaine connotation « plus sain que moi tu meurs ». des esprits étroits et chagrins placent le spirituel au dessus du domaine « vulgaire » et « pollué » du corps et de la matière; ils se servent ainsi de la spiritualité pour fuir la vrai vie ».
Alors que…on est tous humain et c’est peut être ça…la spiritualité
Ce que je pense de la spiritualité aujourd’hui
Les écrits de Krishnamurti, notamment sur la méditation m’avait permis de prendre de la distance sur le « show-off » spirituel.
Parce que c’est une réalité que se coller une étiquette fait du bien, ça peut combler un vide et c’est ce que j’ai essayé de faire pendant ces quelques années.
Je n’ai pas besoin de porter un certain type de vêtements, de montrer que je possède un zafu et de crier à qui veut l’entendre que je pratique le yoga et la méditation.
Cela ne fait en aucun cas de moi un être plus éveillé, si ma manière de pratiquée est teintée d’Ego et de jugements.
Dans cette « quête spirituelle », j’ai eu l’impression de me perdre car je cherchais…ce que j’étais déjà.
Dans un de ces livres deepak chopra dit ces mots que j’ai du lire une centaines de fois avant de les comprendre:
« Ce que vous cherchez, vous l’êtes déjà. Votre conscience a sa source dans l’unité. Au lieu de chercher à l’extérieur de vous même, allez à la source et réalisez qui vous êtes. »
Ensuite il explique les pièges de la recherche spirituelle, et je peux vous dire que je suis tombée dans chacun d’entre eux:
  • Savoir où l’on va:
La spiritualité est, je pense, du domaine de l’intuitif. Pourtant certaines philosophies ou religions semblent donner des principes stricts, il est peut être bon de s’en détacher pour expérimenter ce qui nous correspond réellement.
  • Lutter pour y arriver:
Je peux vous assurer que j’ai lutté, pour ne pas m’endormir pendant les séances de rêve éveillé, pour essayer de bien souffler les sons des mantras, pour apprendre l’astrologie. En fait je me forçais pour, je pensais « devenir une personne spirituelle ». Alors que le simple fait de « vouloir » ce changement est guidé par l’ego spirituel
  • Utiliser la carte d’un autre
Que ce soit un mantra spécifique ou une figure spirituelle, si on répète mot pour mot, on ne s’autorisera jamais à exploiter ses propres voies, sa propre liberté.
Pire encore, on s’enferme…Et c’est vraiment ce que j’ai ressenti. Cela me fait penser à un passage d’un livre de Krishnamurti: « Si vous voulez découvrir le neuf, ne vous chargez pas du fardeau du vieux, surtout de connaissances, des connaissances d’un autre; même s’il est très grans. Vos connaissances vous servent de protection, de sécurité: vous voulez être tout à fait sûr de participer aux expériences du Bouddha, du Christ, ou de X…Mais l’Homme qui ne cesse de s’abriter derrière des connaissances n’est pas un chercheur de vérité…
La découverte de la vérité n’a pas de chemin… »
  • Se fixer des délais
Il n’y a pas de formule magique. Parfois 10 ans sembleront très long, et 30 ans passeront en 1 minutes. cela rejoint la notion de persévérance qu’on a développé dans le premier podcast: que l’on pratique le yoga, l’art, la méditation, la marche, ce n’est pas tant combien de temps on pratique mais avec quelle patience, quelle persévérance et surtout…quelle intention.
  • Attendre un miracle
On adore les miracles. Mais est ce que les miracles ne nous enlèvent pas une part de responsabilité? Je ne sais pas mais en tout cas, ils nous enferment dans une sorte de division.
Et je pense que la spiritualité est un état d’unité, d’acceptation.
À chercher des modèles à l’extérieur, à penser que si je faisais certains rituels, que si j’adoptais certaines croyance je deviendrai une meilleure personne, j’ai réalisé que je m’étais correctement trompée et égarée.
Je pense que je dois remercier en premier lieu mes déceptions.
Elles m’ont permis d’ouvrir les yeux et de laisser de côté ma naïveté qui n’est pas une si grande qualité.
Un peu de naïveté je pense que c’est super, ça apporte de la fraîcheur, une certaine confiance et une ouverture aux autres.
Mais la même naïveté peut devenir dangereuse si elle ne s’accompagne pas d’un réalisme.
Être réaliste c’est voir les choses telles qu’elles sont. Et être capable de reconnaître que certaines personnes sont malhonnêtes ce n’est pas être négatif. C’est être lucide.
Aujourd’hui, je ne me définis pas du tout comme spirituelle.
Pas parce que je rejette la spiritualité, au contraire, je pense qu’on a tous besoin de plus d’intuition, de reconnection à la nature.
Mais je rejette les étiquettes qui impliquent souvent rituels, normes, et, selon moi, cases. Elles sont un obstacle à la liberté. La liberté de penser, de suivre ses propres choix.
Et j’aimerai finir avec une citation d’un livre de Jon Kabt Zinn, où tu vas tu es, que j’ai lu pendant mon expérience du cycle de 8 semaines de méditation mBSR. J’ai adoré son approche de la méditation et je vous conseille vraiment ses livres, avant de vous plonger dans un cycle si le sujet vous intéresse.
« Le concept de spiritualité peut rétrécir notre pensée au lieu de l’élargir. Certaines choses sont considérées comme appartenant au domaine spirituel alors que d’autres sont arbitrairement exclues comme la science.
Reconnaître une qualité spirituelle à la manière dont on respire, se nourrit ou gravit une montagne dépend, de toute évidence, de la façon dont nous prenons conscience de ces activités »
Et un peu plus loin il ajoute « Finalement, la spiritualité consiste peut être à faire l’expérience immédiate du tout et de ses interconnexions, de la vision du lien entre l’individuel et l’ensemble et que rien n’est séparé ni superflu. Lorsque vous avez cette perspective, tout devient spirituel, au sens le plus profond du mot.
S’adonner à la science, tout comme laver la vaisselle, devient spirituel. Ce qui compte c’est d’être présent dans votre expérience intérieure. Tout le reste n’est que pensées. »
Je serai ravie de savoir quelle relation vous avez avec la spiritualité?
J’ai adoré partager ce moment en votre compagnie, n’hésitez pas à nous dire en commentaire quel sujet vous aimeriez écouter pour les prochains podcasts!

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