Pocast Une vie de Yogi #19 – Les fêtes de fin d’année et nos appréhensions version Yogi avec Tiphaine

 

Bonjour a tous, vous écoutez une vie de Yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr. Je vous présente l’épisode numéro 19, et nous allons parler des fêtes de fin d’année, surtout, comment les aborder comme un ou une yogi. 

 

Cette idée m’est venue alors que je lisais vos commentaires sous les cours Yogi Lab. L’une de vous m’a écrit être ravie de pouvoir pratiquer au chaud chez elle, surtout pendant cette période stressante, avec les cadeaux et les gros repas qui arrivent. 

 

Les repas de famille sont quelque chose que l’on fait presque tous, et pourtant j’ai l’impression que c’est aussi quelque chose que nous redoutons presque tous. J’ai l’impression que c’est le moment ou les émotions font surface pour tout le monde, et comme c’est aussi le moment où tout le monde se retrouve, c’est un peu une foire aux émotions. 

 

Pour me faire une bonne idée de tout ce que vous vivez pendant les fêtes, j’ai fait un sondage sur instagram. J’ai pu recueillir vos impressions et ca va me permettre d’orienter les idées que je souhaite partager avec vous dans cet épisode spécial fêtes de fin d’année. Si vous écoutez cet épisode pendant l’été, hé bien ce sera aussi valable pour les vacances en famille ou pour les longs repas de famille. 

 

Je crois que nous avons tous en commun beaucoup d’appréhensions. Voici les thèmes qui sont revenus fréquemment : 

  • la peur du surplus de nourriture – la surconsommation – les craquages alimentaires
  • la peur des reproches de certains membres de la famille
  • le stress des cadeaux
  • les sombres souvenirs – les absents…
  • les repas trop longs
  • le fait d’être végétarien ou végétalien dans un repas de Noël traditionnel 
  • les remarques sur le fait qu’on ne donne pas assez de nouvelles
  • le sentiment d’obligation sociale, d’être heureux, content, enjoué…
  • le sentiment de solitude…

 

Voici beaucoup de sujets qui sont revenus, puisque vous avez été plus d’une centaine à répondre !! Merci beaucoup d’avoir pris ce temps pour partager votre expérience et voyons maintenant comment nous pouvons gérer tout cela. 

 

Je n’ai pas du tout la prétention de vous fournir des solutions, des miracles. Je vais juste partager avec vous les petits outils que j’ai réussi à mettre en place au fil du temps. Imaginez bien qu’une vegan, yogi, entrepreneure, instagrameuse à ses heures perdues, sans mari et sans enfants… ca fait jaser. Donc j’ai quelques petits outils dans ma hotte qui pourraient peut être vous aider. 

 

Et nous allons commencer ce podcast avec une idée que nous avons déjà vue ensemble. C’est très yogi et c’est aussi une mise en application du stoïcisme. Est-ce que vous vous souvenez que dans l’épisode 3 je vous proposais de fixer votre énergie sur les choses que nous pouvons changer ? Cela signifie que toutes les choses qui sont hors de notre contrôle ne méritent pas l’attention que l’on a souvent tendance à leur donner. En l’occurrence, les fêtes de fin d’année nous sont extérieures. Quoi que nous fassions, elles reviennent tous les ans.

 

Les fêtes de fin d’année sont un fait

 

Je vous ai donné plusieurs exemples de tout ce qui nous inquiétait. Pour certains et certaines d’entre vous, la réponse était tout simplement le fait que les fêtes, sans trop savoir pourquoi, vous dépriment. C’est l’illustration parfaite de ce que je souhaite vous dire. Quand nous disons : les fêtes me dépriment, cela signifie que nous laissons le pouvoir a quelque chose d’extérieur et hors de notre contrôle. 

 

Puisque les fêtes sont un fait, c’est quelque chose qui est, peu importe si nous le voulons ou pas, nous mettons notre énergie au mauvais endroit. 

 

Je vous propose de rediriger nos pensées, et donc notre énergie, vers ce qui est de notre fait a nous. Créer des pensées négatives, c’est de notre fait. La première étape serait de les observer. Si une méditation ne vous suffit pas, ou si l’esprit n’est pas assez discipliné pour méditer, il vous est tout à fait possible de faire autrement : écrire. 

 

Vous pouvez prendre un papier, un crayon et écrire. Si vous ne savez pas par ou commencer, amorcez avec un début de phrase comme “Les fêtes me dérangent parce que …”. Et continuez, laissez vos pensées venir. 

 

C’est une méditation version écrite. 

 

Une chose qui est revenue très souvent, les repas de famille. J’ai deux choses à vous proposer. La première est extrême donc j’ai une autre solution pour vous si la dissidence n’est pas encore quelque chose qui vous met à l’aise. La première chose que je voudrais vous proposer, c’est que, contrairement aux fêtes, le repas de famille n’est pas obligatoire. Ainsi, il vous est permis de sécher. Vous avez le choix ici. Vous n’avez aucune obligation physique vitale d’y aller. 

 

Bien entendu, il faudra alors peser le pour et le contre. Si vous n’y allez pas avec un lâcher prise total sur ce qui pourrait bien se passer, ce sera très bénéfique pour vous. En revanche, si vous n’y allez pas, et que toutes les minutes, vous vous culpabilisez parce que vos pensées vont vers de reproches à votre propre égard, ce ne sera peut être pas si bénéfique. 

 

Comme je sais que le repas de famille est très ancré dans la norme, et que ne pas y aller relève d’un vrai défi, je vais vous proposer une alternative. Ici nous allons décider ensemble que nous avons envie d’y participer. Car oui, si nous y participons, c’est que nous sentons que si nous n’y participons pas, les représailles seront plus grandes. Et c’est notre interprétation des événements.

 

Beaucoup d’entre vous ont mentionné le sentiment d’obligation. En effet, la norme veut que les fêtes soient passées avec la famille, dans ce sens c’est une obligation. Cependant, la plus grande obligation vient de nous. Pourtant comme nous l’avons vu, nous avons le choix et nous décidons de participer. Reprenons donc le contrôle, nous ne sommes pas obligés, vous avons choisi de le faire. 

 

Sauf si vous adorez ruminer des pensées négatives, vous pourrez alors accueillir ces pensées négatives et les tourner en votre faveur. Ainsi, un repas de famille ou les propos racistes fusent pourront devenir pour vous une expérience, même un défi social passionnant. Vous pourrez vous amuser à imaginer ce qui pousse les gens à penser ainsi. C’est pareil avec le végétarisme. Ce sera d’autant plus difficile si les critiques vous sont adressées. Le défi sera double, votre mission sera alors non seulement de travailler sur votre empathie, mais aussi sur votre self control. 

 

Nos pensées sont à nous 

 

En parlant de self control, je voudrais vous proposer cette idée : les pensées nous appartiennent. Nous avons déjà évoqué le fait que nos émotions viennent de nos pensées. Si vous avez besoin d’approfondir je vous propose d’aller écouter le podcast sur les pensées toxiques et les émotions négatives. 

 

Puisque nous choisissons nos pensées, autant employer l’énergie que nous avons économisée en évitant de ruminer des pensées négatives. Voilà ce que je vous propose : nous avons vu ensemble dans les épisodes précédents que nous créons nos pensées et que ces pensées viennent créer nos émotions. Nous avons vu cela ensemble dans le confort de notre chez nous, gentiment et tendrement. 

 

Il est temps de mettre vos talents à l’épreuve dans la jungle familiale. Rien que cette idée me donne hâte d’être à Noël. En fait, Noël sera alors pour vous un vrai test. Si vous passez Noel, le reste de votre vie sera du gâteau au chocolat, avec un coeur coulant à l’intérieur, et le tout sans sucres raffinés. 

 

Rien de mieux qu’un exemple pour comprendre ou je veux en venir. Qui dit vegan, dit forcément la remarque favorie des mangeurs d’animaux : alors tu manges quoi ? des graines… parfois on me propose de l’herbe aussi. Bref, vous voyez ? 

 

La première fois que ca m’est arrivé, je me suis justifiée, je me suis sentie acculée, mise en accusation et il fallait que je prépare vite et bien ma défense pour montrer que je me nourrissais et que c’était bon. 

La deuxième fois que ca m’est arrivé, las de répéter ma défense classique, j’ai fait semblant de rire, et j’ai gardé le silence en ruminant des pensées comme “c’est fou comme ces gens sont étroits d’esprit”, “c’est fou comme je suis inadéquate… alors que c’est eux les tueurs !!”, “pourquoi personne ne comprend?”… bref, j’étais dans la rumination, la culpabilité de ne pas être comme les autres, avec une petite pointe de ressentiment. 

 

Hé puis, la troisième année, j’étais déjà un peu plus sage. Y aller de front, ce n’est pas mon style donc je n’allais pas leur rentrer dans le lard… Garder le silence était tout a fait dans mes cordes, mais je me suis dit que cette année j’allais gratter la surface de ces réprobations déguisées en blague, pour voir s’il y avait quelque chose en dessous, ou si ces remarques étaient simplement une provocation vide.

 

Pour instaurer le dialogue, rien de mieux qu’une question. Donc ma question a été très simple : est-ce que tu as du mal à comprendre les végétariens ? Et la, vous aurez une première réponse. Le mieux, c’est de toujours continuer avec des questions, mais surtout, mon plus grand conseil, c’est d’orienter la question vers la personne, pas dans une généralité. Demandez vraiment ce que la personne ressent. Vous voyez ma première question était : est ce que TU as du mal a comprendre. 

 

Attention, ici il ne s’agit pas de provoquer, mais réellement d’échanger pour comprendre ce qui pousse la personne a vous faire ces remarques. Mon intention était de comprendre. On m’a donc rétorqué que les végétariens étaient tous des extrémistes… une réponse qui n’a plus rien à voir avec l’assiette. Ce à quoi on peut répondre “ce n’est donc pas tant la nourriture qui te dérange, mais plutôt l’attitude ?”. Et en creusant, vous leur ferez peut être réaliser qu’en fait, ces railleries avaient lieu car votre attitude dérangeait un mangeur de viande qui voyait en vous son reflet… C’est toujours dérangeant de voir des parties de soi que l’on ne veut pas voir. Et les autres sont le meilleur reflet de ce que l’on ne veut pas voir en nous. 

 

Je vous entends : si on me fait ces remarques autant dire que je n’ai pas du tout envie d’instaurer le dialogue, en plus ils sont bornés et le resteront. Soit, vous pouvez aussi vous murer dans le silence. Mais alors dans ce cas, votre mission sera d’observer les pensées. 

 

Autre possibilité, toujours dans le domaine du végétarisme, c’est de proposer l’idée qu’il est dommage de concevoir la chose ainsi car on passe à côté de beaucoup de choses délicieuses. 

 

Comme cette situation m’est arrivée beaucoup de fois, j’ai eu aussi mon petit côté provocateur qui a fait surface. Alors si vous choisissez cette option, choisissez la avec quelqu’un qui n’est pas trop susceptible. Un jour, j’ai décidé de montrer à la personne en face de moi la mesure de l’absurdité dont elle faisait preuve. C’est pourquoi j’ai commencé a lui demander si elle mangeait tel ou tel aliment. Est-ce que tu manges du pain ? Moi aussi. Est-ce que tu manges des pâtes ? Moi aussi. Est-ce que tu manges des tomates ? Moi aussi. Est-ce que tu manges des cookies ? Moi aussi…. Bref une longue liste de tout ce que vous mangez, pour terminer avec : est-ce que tu manges des animaux ? Moi non, finalement, c’est la seule chose. On peut même aller plus loin et montrer que l’on mange en fait beaucoup plus varié quand notre assiette est végé… mais bon il ne faut pas en faire trop non plus. 

 

Les reproches 

 

Nous avons déja évoqué dans un épisode le sujet des critiques. Je vous renvoie donc vers cet épisode pour en savoir plus. J’ai pris l’exemple du végétarisme mais nous pouvons l’appliquer a beaucoup d’autre choses. Par exemple, si l’un de vos proches vous dit : tu ne donnes jamais de nouvelles. Il vous est possible de répondre, si c’est une personne que vous aimez, en lui posant une question. “Est-ce que ca te donne l’impression que je ne pense pas a toi ?”. C’est souvent le cas, et il vous est possible de montrer que si… avec ou sans cadeau. 

Si cette remarque vient d’une personne que vous n’affectionnez pas particulièrement, vous pouvez tout simplement dire : en effet nous n’échangeons pas beaucoup, je pense que nous avons tous les deux une vie très prenante. 

 

Et si l’on vous fait des reproches qui piquent, souvenez-vous : ils ne vous appartiennent pas. Ils appartiennent à celui ou celle qui les envoie. Ce reproche, on vous le fait de toute façon. Vous n’avez aucun contrôle sur la personne qui le fait. Vous avez, en revanche la possibilité de moduler vos pensées et donc vos émotions. 

 

Ainsi, si une personne vous fait un reproche sur votre apparence, sur votre poids, sur votre tenue… vous pouvez toujours aller a l’intérieur, regarder ce que ca vous fait. C’est super difficile je vous l’accorde. Si c’est trop difficile sur le coup, je vous propose une distraction, mais alors il faudra que vous me promettiez qu’après le repas, vous irez voir ce qui s’est passé en vous. Si c’est trop difficile je vous propose de vous distraire avec la question suivante : tiens, pourquoi cette personne me dit ca ? Qu’est-ce que je génère en elle, que voit-elle en moi qui la fait réagir ainsi ? Hé oui car c’est bien la personne en face de vous qui réagit, tout lui appartient autant que ce que vous dites et ce que vous pensez vous appartient. C’est la même chose pour la solitude que nous allons maintenant évoquer ensemble. 

 

La solitude

 

La solitude est une émotion que nous pouvons ressentir, évidemment lorsque l’on va célébrer seul.e, mais aussi quand nous serons entourés de personnes avec qui nous n’avons aucune affinité. Parfois, je me demande ce qui est pire. 

 

Pour tout vous dire, pendant mes études, j’étais tellement à fond que je n’ai pas célébrer la nouvelle année 2 années de suite. J’avais dit non à cette norme. Souvenons-nous que c’est une norme et que la société nous dit que c’est le moment d’être avec nos proches. Souvenons-nous aussi qu’il nous appartient de décider si nous sommes d’accord ou pas. 

 

Et si malgré tout la solitude vous envahit, première chose, on l’accueille. Je ne vais pas vous mentir, c’est quelque chose de très difficile, à faire plus qu’a vivre, car une émotion accueillie est beaucoup moins néfaste qu’une émotion refoulée. Par contre, le processus de refouler une émotion est beaucoup plus facile que le processus d’accueillir une émotion. Si vous ne savez pas trop comment faire je vous propose de tester quelques séances de méditation. Ma méditation préférée est celle que vous pouvez retrouver sur Yogi Lab et qui s’intitule “le moi futur”. Sinon, il y a aussi le yoga nidra pour vous aider. Vous pouvez aussi faire la séance qui est sur Yogi Lab et déterminer que votre sankalpa sera alors de découvrir vos émotions. 

 

Et comme nous décidons, il nous est possible de trouver des alternatives si nous sommes seuls. L’idéal, c’est quand même de faire le travail sur l’émotion car il sera nécessaire. J’avais envisagé, une année, de ne pas assister au repas de Noel pour éviter la pression, et de faire du bénévolat puisqu’il existe beaucoup d’associations qui distribuent des repas de Noel et qui récoltent des cadeaux pour les enfants défavorisés. Je pense que je passerai au moins un Noel, prochainement, sans ma famille. 

 

Bref… souvenez vous : vous choisissez. Si vous choisissez le repas de famille, allez jusqu’au bout, choisissez de bien le vivre en vous lançant un défi. Ecrivez ce qui vous angoisse si ce n’est pas clair, pour identifier vos pensées. Méditez, accueillez les émotions. Modifiez vos pensées pour la suite, pour que tout soit une opportunité. Car si on vous disait que Noel est votre dernier jour, soudain, je pense que tout aurait plus de saveur. 

 

J’espère que ces quelques idées vous aideront à passer les repas trop longs… Si vous avez décidé de vous lancer un défi pendant le repas de Noel, venez me le dire en commentaire, comme ca, on saura où vous en êtes et on pourra faire le point ensemble après !

Et si vous avez d’autres astuces, alors foncez, je serais heureuse de mettre en pratique de nouvelles choses pour cette année ! 

 

A bientôt les yogis.