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Les expériences les plus bluffantes sur le manque de sommeil

Depuis plusieurs décennies, l’importance du sommeil ne cesse d’être reconsidérée par la recherche.

Si nos premières grandes découvertes nous avaient amené à placer le sommeil aux côtés de l’alimentation et de l’activité physique comme piliers de la pleine santé, nous en avons fait aujourd’hui bien plus qu’un soutien : c’est le socle sur lequel s’appuient les piliers.

En réalité, notre nuit de repos est une remarquable maintenance, aussi profonde que fascinante, de l’entièreté des mécanismes du corps humain. Pas un seul d’entre eux, aussi simple et futile soit-il, ne profite pas d’une bonne nuit de sommeil pour optimiser son fonctionnement.

Sachant cela, on peut tout à fait considérer le sommeil comme l’unique interrupteur ayant une action sur absolument tous les autres mécanismes de l’organisme.

Choyez-le et vous renforcez vos défenses immunitaires, vous décuplez vos capacités à apprendre, mémoriser et comprendre, vous bétonnez votre santé cardiovasculaire et votre santé métabolique, vous consolidez votre équilibre psychologique et vous vous assurez un quotidien pleinement connecté à vos activités et aux gens qui vous entourent.

Négligez-le au contraire et vous affaiblissez votre organisme, vous ligotez vos défenses et vous faites grimper au passage tous les risques liés aux principaux troubles de la santé de notre siècle.

Notre sommeil, c’est donc sans conteste le levier le plus impactant sur notre santé.

Et ce levier est très (très) sensible. Pour en prendre conscience, balayons les études les plus bluffantes sur le manque de sommeil et profitons-en pour recentrer notre attention sur ces 8h de repos si précieuses et s’émerveiller devant l’extraordinaire pouvoir d’une nuit réparatrice.

Ces études sont toutes relatées dans l’excellent ouvrage de Matthew Walker « Pourquoi Nous Dormons », dont on ne peut que recommander la lecture tant il est accessible, passionnant et d’une grande aide pour perfectionner ses bonnes habitudes.

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Un organisme hyper-sensible au sommeil

Notre première étude est sans aucun doute la meilleure façon de prendre conscience de l’hyper-sensibilité de l’organisme à la quantité et à la qualité de notre sommeil.

Il s’agit d’une méta-analyse de grande ampleur sur l’impact du changement d’heure sur l’organisme (méta-analyse : une étude analysant les résultats de plusieurs études indépendantes sur un même sujet pour prendre du recul et tirer des conclusions plus globales).

Le but était d’analyser les entrées hospitalières dans différents pays pour problématiques cardiaques et accidents de la route autour des deux changements d’heure (été et hiver).

Et les résultats sont on ne peut plus probants !

En mars par exemple, lors du passage à l’heure d’été, nous « perdons une heure ». Pour effectuer le décalage, à 2h du matin les horloges sont reprogrammées pour afficher finalement 3h et de ce fait, la nuit nous est écourtée.

Et notre organisme y est très sensible ! Tellement, que l’on peut observer un pic d’attaques cardiaques et d’accidents de la route (que l’on relie à dans de nombreux cas à des micro-sommeils et des pertes d’attention).

Alors même que les habitants des zones concernées par le changement d’heure n’ont pas tous nécessairement dormit une heure de moins (certains auront prévu de se coucher une heure plus tôt, d’autres auront eu la possibilité de se réveiller une heure plus tard, etc) !

Même « dilué », l’effet du changement d’heure est si marquant qu’il est observable sur les chiffres des entrées hospitalières et ce de très loin. Comme on peut observer la muraille de chine depuis la station spatiale internationale (ce qui s’avère vraiment très impressionnant quand on tient compte des échelles de distance) , on peut observer la répercussion d’un déficit d’une heure de sommeil lors d’une seule nuit sur la santé de toute une population !

Et à l’inverse, en octobre, alors qu’il nous est donné l’occasion de dormir une heure de plus (puisque cette fois, à 3h du matin, les horloges sont reprogrammées pour afficher 2h du matin), l’étude montre une baisse significative des entrées hospitalières.

Deux à-coups nets, clairement identifiables sur un graphique et directement imputables à un déficit ou un ajout d’une seule heure de sommeil ! Voilà de quoi réaliser à quel point notre organisme est hyper-sensible au sommeil.

Il ne faut pas un déficit profond étalé sur plusieurs années. Une heure, sur une nuit, peut radicalement changer la donne. Un constat qui peut nous armer d’optimisme : chaque demi-heure grappillée en plus au lit est un gain concret sur notre santé. De quoi nous encourager à agir dès ce soir pour viser les 8h si ce n’est pas déjà le cas.

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Le manque de sommeil et la suralimentation inconsciente

Durant le sommeil, le corps « remet les compteurs à zéro ». Sur le plan hormonal, cette image est très parlante : l’organisme gère ses équilibres.

Avec le manque de sommeil, certaines hormones vont décrire des comportements chaotiques et « leurrer » notre corps.

C’est par exemple le cas des hormones de la faim, la ghréline et la leptine, qui ne vont plus traduire les réels besoins du corps et induire des sensations de faim incongrues, par exemple quelques minutes après la fin d’un repos très copieux.

Pour prendre conscience de l’ampleur des répercussions, Matthew Walker relate une expérience absolument bluffante dans laquelle les sujets de l’étude ont dormi 5h par nuit durant une semaine (ce qui n’est pas exceptionnel lorsque l’on considère que beaucoup de gens passent entre 6h et 7h au lit et que pour beaucoup, des temps d’éveil peu perceptibles viennent éroder le total de temps en sommeil).

Dans la journée, ils avaient à disposition un buffet avec toutes sortes d’aliments et de plats. Des options naturelles, véganes ou non, des plats transformés, du sucré, du salé… Il y en avait pour tout le monde et toutes les envies.

Après avoir étudié le comportement des sujets face à ce buffet lorsqu’ils dormaient 8h par nuit, les chercheurs ont induit le déficit de sommeil et observé d’incroyables changements.

En moyenne, chaque sujet consommait 600 Kcal supplémentaires par jour, sans s’en rendre compte, et majoritairement issues d’aliments sucrés ! Pour donner un peu de perspective à ce chiffre, cela peut par exemple représenter le tiers des besoins moyens sur une journée complète pour une femme de 20 ans moyennement active.

En mettant de côté ce qu’implique, en plus de ça, le fait que ces calories proviennent majoritairement d’aliments sucrés (autant pour la prise de poids que pour la santé métabolique), il faut noter que cela se produit en dehors de notre perception consciente.

Nous perdons la conscience de notre alimentation et la connexion avec nos réels besoins. Notre intuition est ligotée pendant qu’un dérèglement hormonal ponctuel « imite le son de sa voix » pour nous leurrer avec des « fausses sensations de faim ».

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Le manque de sommeil peut leurrer votre médecin

Notre intuition n’est pas la seule à se faire berner par la fatigue, votre médecin peut tout à fait l’être et en tout aussi peu de temps.

Dans cette dernière expérience, des sujets en parfaite santé ont été amenés à ne dormir que 5h par nuit durant une semaine avant d’aller voir des médecins généralistes totalement extérieurs à l’étude.

Le but était de voir dans quelle mesure le manque de sommeil pouvait affecter la dynamique hormonale des sujets et plus particulièrement celle de l’insuline, dans le cadre de la gestion de la glycémie par l’organisme.

Et les résultats ont encore une fois été plus que probants. Le comportement de l’insuline après la mise en place du déficit de sommeil était si chaotique que les médecins, face à leurs analyses, ont dans la plupart des cas diagnostiqués les sujets pré-diabétiques !

Un énième signe flagrant de la sensibilité de l’organisme au manque de sommeil, puisqu’il n’a été question que d’un faible déficit de sommeil sur une période relativement courte, mais également une nouvelle preuve de l’ampleur considérable de la fatigue sur le sommeil.

De quoi donner un maximum de crédit à nos nuits et investir un peu plus de temps et d’effort pour bien dormir. Choyez son rituel du soir pour faciliter l’endormissement et organiser du mieux que l’on peu ses journées pour garantir 8h de sommeil.

Plusieurs articles sont disponibles sur le blog pour vous accompagner dans votre quête d’un meilleur sommeil, qu’il s’agisse d’organisation pour trouver le temps de dormir suffisamment ou d’astuces pour faciliter le sommeil et sa stabilité.