Être plus zen #2 – le journaling

Deuxième volet de notre série d’articles consacrée au zen et deuxième outil au service de notre bien-être. Dans l’épisode précédent, nous avions parlé de la méditation et de son impact sur la santé avec un net focus sur notre fil rouge, le calme et le non-stress. Aujourd’hui je vous propose de poursuivre avec le journaling et la façon très particulière qu’a notre cerveau d’interpréter ce que nous écrivons.

Avec seulement un crayon et un carnet, nous avons la possibilité d’ancrer nos bonnes intentions et de chasser nos mauvaises pensées.

Sauvegarder sur un disque dur externe

Commençons par une petite histoire, celle d’un hypothétique designer travaillant sur un projet passionnant. Dans ce domaine, tout marche à l’idée, tout est une question d’éclair de génie. L’inspiration ne vient pas sur commande, il faut donc savoir profiter de chaque bouffée.

Et c’est justement ce qui arrive à notre designer, un soir, en pleine discussion avec des collaborateurs : une excellente idée ! Une idée qui pourrait très bien fonctionner, qui s’accorde à merveille avec les consignes de son client et qui déclenche une avalanche d’autres petites idées toutes aussi intéressantes et prometteuses les unes que les autres.

Le hic ? Impossible de quitter la conversation, et encore moins d’aller travailler sur son illumination. Il devient alors un peu plus difficile de se concentrer sur la discussion, une partie de l’attention de notre designer étant occupée à conserver cette idée en surface pour ne surtout pas la perdre.

D’un point de vue cognitif, ce qu’il se passe est très intéressant. Tant qu’il résistera de la sorte contre l’oubli inéluctable de son idée, Simon (appelons-le Simon), va perdre une partie de son empan cognitif.

En d’autres termes, sa capacité d’attention sur le monde extérieur va être momentanément réduite.

Un empan, c’est une distance maximum. Si avec ma main, que je pose à plat sur une table, j’écarte au maximum mon pouce et mon auriculaire vers l’extérieur, j’obtiens la distance maximum que je peux couvrir avec ma main.

Et bien l’empan cognitif, c’est la « distance » maximal que notre capacité d’attention peut couvrir. Et ce dernier, comme tout empan, possède sa propre limite. Nous ne sommes pas capables de capter l’entièreté de ce qu’il se passe autour de nous, tout comme nous ne sommes pas capables de couvrir une distance infinie avec notre main.

Pour en prendre davantage conscience, vous pouvez vous adonner à une expérience classique élaborée par Daniel Simons et Christopher Chabris en 1999. Ces deux spécialistes de la psychologie cognitive vous proposent, avec une vidéo disponible en ligne, d’atteindre les limites de votre empan cognitif et de vous le faire constater clairement.

Cliquez ici pour effectuer le test. Vous devrez regarder attentivement une vidéo montrant deux équipes de basket (l’une en blanc et l’autre en noir) se faire des passes, et compter celles réalisées par l’équipe blanche. Attention, le compte est difficile à tenir, concentrez-vous.

Revenons à Simon, qui dans son cas, va donc voir son empan cognitif se réduire momentanément par son envie de ne surtout pas oublier son idée. Tout se passe comme s’il portait le sel d’une main, qu’il ne voulait absolument pas le lâcher, et qu’il lui restait toute la table à débarrasser. Il ferait le reste uniquement avec sa main restante et perdrait donc de l’efficacité.

Ce qui est fantastique avec notre cerveau, c’est qu’en écrivant une idée que nous ne voulons absolument pas oublier, ce dernier va la considérer comme sécurisée et nous allons de ce fait retrouver la totalité de notre empan cognitif. Exactement comme si nous avions sauvegardé l’information sur un disque dur externe !

Et capturer les mauvaises pensées

Le lien avec notre quête de zen ? Et bien pensez à l’un de nos grands trouble-fêtes AKA la rumination. Lorsque que nous bouclons sur une pensée négative – une brouille avec un ami, un évènement fâcheux survenu au travail, etc. – nous pouvons utiliser cette particularité du cerveau et son interprétation très particulière de ce que nous écrivons pour le tromper, en quelque sorte, et s’en débarrasser.

L’exercice est on ne peut plus simple (si bien qu’il parait presque subtil et dérisoire) : écrire ce qui nous tracasse. Ainsi, notre cerveau lâche du lest, considère « l’information comme sécurisée » et nous permet de mettre fin à ces boucles sans fin qui contraignent nos envies de faire le vide.

L’outil se veut alors extrêmement simple et pratique, puisqu’il ne requiert qu’un crayon, une feuille de papier et quelques minutes devant soi pour « capturer » les mauvaises pensées.

Presque trop beau pour être vrai !

Que l’on puisse ainsi porter un clap de fin à un tourbillon de pensées anxiogènes peut paraitre incroyable (au mieux) voire improbable (au pire).

Et si je vous disais que cela ne s’arrête pas là ? Qu’il y a encore mieux ! Que non seulement, l’écriture permettait de mettre un frein au négatif… mais qu’elle pouvait également accentuer le positif ? Trop beau pour être vrai ? Et pourtant !

Poser de belles intentions sur papier, c’est bien souvent l’occasion de verbaliser ses idées, de donner une forme concrète à ses envies et de poser un joli repère sur sa carte du bien-être. Un grand drapeau à l’horizon que notre inconscient n’aura aucun mal à suivre !

Par le biais de quelques minutes passées à pratiquer l’écriture libre, en laisser filer la plume et l’instinct, ou par le biais d’exercices « guidés » comme le célèbre 5-minute journal. Cette pratique est extraordinaire et fait désormais pleinement partie du quotidien de nombreux optimistes.

Comme son nom l’indique, il ne suffit que de cinq minutes pour la mener à bien. Trois le matin et deux le soir. Un investissement relativement raisonnable donc, pour un retour franchement bluffant !

S’il existe plusieurs « modèles », le plus simple et pratique à mettre en place vous amènera à noter, au matin, trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant.e puis trois choses « qui feraient d’aujourd’hui une belle journée ». Pour clôturer cette première étape, il vous suffira de noter une affirmation commençant pas « je suis … ». Je suis serein.e quant à…, je suis confiant.e pour…, je suis euphorique à l’idée de…

Enfin, au soir, vous devrez noter trois choses agréables arrivées durant votre journée. Rien de plus simple, non ?

Au début, vous allez peut-être plancher un peu sur votre carnet. Il faudra un peu plus de temps pour parvenir à trouver vos trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant.e, ou les trois choses agréables arrivées durant la journée. Puis, avec la pratique, cela deviendra beaucoup plus simple et fluide, et même mieux : vous aurez parfois le réflexe, en vivant une situation agréable, de vous dire : « ça, je pourrai le noter ce soir dans mon carnet ! ». Et là, c’est tout bonnement parfait ! Vous devenez davantage conscient.e lorsque vous vivez de belles expérience, vous cultivez votre moment présent !

Le journaling est un grand artisan de notre meilleur quotidien. Ranger toutes nos idées, les prioriser, les verbaliser et de se fait bien souvent, calmer notre mental ; définir un cap et le maintenir par grands vents, lorsque parfois, notre routine nous submerge (projet professionnel chronophage, projet perso énergivore, etc) ; faire passer de jolis mots à notre inconscient comme on lui donnerait des instructions pour ses longues heures de travail en veille ; capturer nos mauvaises pensées pour libérer notre dialogue intérieur des tracas du quotidien. On ne saurait trouver plus polyvalent, simple et même agréable.

Car je peux sans risque vous le promettre, une routine d’écriture au matin comme au soir, peut rapidement devenir un de ces moments privilégiés pendant lesquels le temps s’arrête. Pendant lesquels on profite, la journée sur pause, avec une bon thé, un rayon de soleil et les promesses d’une belle journée ou le calme au coucher avant une bonne nuit de sommeil l’esprit léger.

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