Podcast Une vie de yogi #10 – Vos questions – nos réponses + vos a priori sur le yoga avec Tiphaine

Bonjour à tous, vous écoutez une vie de yogi, un podcast de Yogi Lab. Je m’appelle Tiphaine et je suis votre professeure de yoga sur le site www.yogilab.fr. Je vous présente l’épisode 10 et nous allons parler de vos a priori sur le yoga et répondre à vos questions.

 

J’espère que vous allez bien aujourd’hui et que vous continuez à prendre soin de vous ! Avez-vous remarqué que nous en sommes à notre 10e épisode ?! 10 épisodes, c’est la 10e fois que l’on se donne rdv ici. Si vous découvrez le Podcast une vie de Yogi, bienvenue, et si vous êtes là pour entendre les réponses à vos questions et mes réactions face à vos a priori sur le yoga, vous êtes au bon endroit. 

 

Tout d’abord je tiens à vous dire que j’ai été totalement épatée par le nombre de réponses sur le sondage à propos de vos a priori. J’ai adoré lire vos réponses et je vais vous les lire dès maintenant. Vous allez voir que c’est assez amusant parce qu’on décèle des contradictions, qui montrent bien l’ambiguité de notre relation avec le mouvement et l’exercice physique. 

 

Je tiens à préciser une chose importante ici, la question précise du sondage était : “quels étaient vos a priori sur le yoga avant de pratiquer ?” et les réponses que je mentionne nous viennent de yogis qui pratiquent sur Yogi Lab.

 

La souplesse

 

Lilirenarde nous dit “… C’était réservé aux personnes souples”, comme Emy_knits qui nous a répondu “je n’allais pas y arriver car je n’étais pas assez souple”, idem avec plusieurs dizaines d’entre vous qui ont évoqué le manque de souplesse. 

 

Je ne vous en veux pas, parce que moi aussi je me disais la même chose. Et pour celles et ceux parmi vous qui pensent que je suis née avec les pieds derrière la tête c’est un excellent moment de vous dire que je n’étais pas du tout souple quand j’ai débuté le yoga. Je n’arrivais pas à toucher mes pieds avec mes mains en pince assise ou debout. Maintenant que c’est dit, il y a une chose importante que vous devez savoir, c’est que le yoga est justement fait pour les personnes qui ne sont pas souples, qui ne bougent pas assez.

 

Avec un peu d’histoire vous allez comprendre. Est-ce que vous savez pourquoi les asanas ont été inventées ? Petite parenthèse, le mot sanskrit asana fait référence aux postures de yoga, quand on parle de yoga souvent on parle d’asana mais le yoga est plus complet encore. 

Donc, les asanas ont été inventées afin d’aider les yogis de l’époque, qui concevaient le yoga dans sa tradition la plus pure, la méditation. Il n’y avait qu’une seule posture de yoga, c’était la posture méditation. Avant, le yoga, c’était ça. On restait assis et on méditait. Dans la posture du lotus bien souvent, et l’idée était de rester le plus longtemps possible ainsi pour atteindre l’éveil. Sauf que si vous avez déjà testé la position du lotus ou simplement si vous avez essayé de rester assis avec les jambes croisées, vous savez que ce n’est pas de tout confort !

Afin de remédier à cet inconfort, des petits rebels ont décidé qu’ils allaient bouger, qu’ils allaient créer des enchaînementes de mouvements afin de pouvoir tenir plus confortablement la posture de méditation. 

 

Les yoga sutras de patanjali nous disent que l’asana est une posture stable et confortable. En effet quand il manque la souplesse, on n’est pas confortable. 

 

Et imaginez tous ces yogis de l’époque qui ne connaissaient que la posture du lotus ou des jambes croisées… est-ce que vous pensez que hop ils se sont mis debout et hop ils ont mis le pied derrière la tête ? Ou vous pensez que c’est justement parce qu’ils ont peiné au départ qu’ils ont réussi à progresser ? Je ne vais pas vous donner la réponse, je suis sûre que vous la connaissez.

 

Donc, chers yogis et yoginis, chers futurs yogis et yoginis… si vous n’êtes pas souples c’est pour vous que le yoga est fait ! Pour vous aider à retrouver la mobilité. Ce que j’adore dire c’est : Est-ce que vous diriez que vous n’êtes pas assez en bonne santé pour aller voir le médecin ? Hé bien c’est exactement la même chose quand vous dites que vous n’êtes pas assez souples pour aller faire du yoga. 

 

Je sais que beaucoup d’entre vous sont passés au delà de cette croyance limitante et ont intégré le yoga à leur quotidien. Je pense à auvrayt (je fais référence à vos pseudos insta) qui nous dit “j’avais peur de ne pas être assez souple, et finalement vous m’avez fait comprendre que le niveau de départ n’importe pas”. Cher Yogi, tu as tout compris. Quand on apprend quelque chose de nouveau, il est tout à fait normal de ne pas tout réussir, et heureusement sinon on s’ennuierait vite. 

Et d’ailleurs c’est notre deuxième a priori !

 

L’ennui

Nous avons des réponses de Manon, de Laura, de Marina, de Elo entre autres yogis qui nous disent que leur crainte était de s’ennuyer et j’adore les petites précisions de chacune après : FAUX en majuscule, pas du tout finalement… 

 

Je dois vous avouer que le fait de relire vos message me donne un sourire énorme… c’est une petite victoire personnelle puisque j’avais vraiment à coeur de vous montrer ce qu’est la pratique du yoga, en vrai, que c’est accessible et que c’est loin d’être ennuyeux. 

 

Je pense que l’image d’une pratique ennuyeuse vient du fait que souvent le yoga est représenté par des personnes toutes zen et statiques, qui méditent ou qui font Om avec de l’encens. Le yoga, c’est aussi ça mais je pense que beaucoup d’entre nous sont d’abord sensibles à l’aspect physique de la pratique, au côté “j’ai envie de transpirer”.

 

Pas assez physique ?

Ça m’amène à notre troisième a priori qui rejoint l’ennui, Amanadaini pensait que le yoga n’était pas dynamique avant d’essayer, Maureen nous dit qu’elle n’avait pas envisagé le côté sportif – même si je préfère parler de mouvements, Elina aussi nous dit qu’elle pensait que ce ne serait pas assez sportif pour l’aider à se dépenser, hks_food pensait qu’elle n’allait pas transpirer, vf_nini nous dit qu’elle pensait que c’était mou du genou, pareil avec mariochlabrioche – j’adore vos noms de profil.

 

Bref, finalement, toutes celles parmi vous qui ont écrit, vous avez toutes testé donc je pense que vous êtes d’accord pour dire que ce n’est pas totalement le cas. En fait il y a plusieurs styles de yoga, parce que nous avons tous des envies et des attentes particulières. Pour celles et ceux parmi vous qui pratiquent régulièrement, peut être que c’est pareil, mais pour moi, le côté sportif du yoga a été essentiel. Je vais vous expliquer ce que je veux dire. 

Le yoga n’est pas un sport. Le yoga est un style de vie, je pense que vous le comprenez de plus en plus. Mais il y a un aspect que l’on peut communément appeler sportif, au yoga, ce sont les fameuses asana. 

 

Cet aspect du yoga a été essentiel pour moi tout simplement parce que c’est par cette porte d’entrée que je me suis intéressée au yoga. Le yoga peut être très physique, et je n’ai jamais autant transpiré que pendant mes cours de yoga intensifs. 

 

Je pense que c’est cet aspect qui vous intéresse le plus, disons que c’est le côté sport qui vous plaît le plus au départ et beaucoup d’entre vous s’intéressent ensuite au côté spirituel, petit à petit. Pour ma part, c’est ce qui s’est passé. Au départ je ne m’intéressais pas du tout du tout aux chakras, a la respiration même, je voulais juste me défouler. Et petit à petit je m’y suis intéressée et j’ai commencé à pratiquer plusieurs styles, certains très sportifs, certains plus doux. Mais ca ne veut pas dire que nous devons tous nous intéresser au côté spirituel. 

 

Chacun a le droit de penser comme il veut et je sais que beaucoup de profs tradi ne sont pas d’accord, mais pour ma part j’accueille tous les yogis, tous les élèves, même ceux qui veulent juste se dépenser et qui se fichent du reste. Certains peuvent prendre un air un peu supérieur mais vraiment, je pense que le yoga a assez de facettes pour que tout le monde y trouve son compte et le principal est de transmettre le mouvement et le zen. 

 

Pas assez zen

 

Décidément aujourd’hui je suis super en forme sur mes transitions, puisque justement le zen est au coeur de notre a priori suivant. C’est plutôt une crainte dont nous a notamment fait part pataticamaron, ou encore sachlasuma qui nous dit que sa crainte était de ne pas être assez calme. 

 

C’est la même chose que pour “pas assez souple”. Dire que l’on est trop angoissé.e ou stressé.e pour faire du yoga c’est pareil que “je suis trop malade pour aller chez le médecin”. Justement, si vous avez une tendance à être stressé.e, le yoga pourra vous aider à cultiver petit à petit, le calme. 

 

La difficulté

 

Le dernier a priori que j’aimerais évoquer avec vous, c’est la difficulté de la pratique. Beaucoup d’entre vous m’ont répondu que vous aviez peur de ne pas réussir, peur d’être nuls ou peur de mal faire. 

 

Alala, la peur de l’échec… Quand j’ai lu tous ces messages je vous avoue que j’ai eu comme un élan d’énergie, j’ai été transportée et je crois que j’ai rédigé tout un épisode de podcast dans ma tête en l’espace d’une minute. Il y a tellement de choses à dire sur le sujet. 

 

Au final je pense que l’on peut résumer ces a priori en : peur de l’échec parce que vous vous attendez à une pratique difficile. C’est donc la difficulté et l’échec potentiel et très probable quand on débute qui vous repousse.

 

Et là c’est tout simple. Repensez à un enfant qui apprend à marcher. Est-ce que vous pensez que vous avez décidé un beau jour que vous alliez marcher et hop, vous vous êtes mis debout et vous avez parcouru votre premier km sans transpirer ? Repensez aussi à votre apprentissage de l’écriture. C’est pareil ! 

 

C’est très bateau ce que je vais vous dire, mais en même temps, j’adore le rappeler parce que ca ne fait pas de mal : l’échec nous permet d’apprendre. J’ai une approche assez catégorique de l’échec pour être honnête avec vous, et je partagerai d’ailleurs cela avec vous dans un épisode dédié. L’échec est selon moi l’une des meilleures choses qui puisse nous arriver, même si sur le moment c’est vraiment déplaisant. Je ne le dis jamais à voix hautes à mes yogis, mais je suis parfois tentée de le dire : je leur souhaite tout plein d’échecs dans leur vie. C’est le terreau le plus fertil que je connaisse pour la croissance, pour l’humilité, pour la gratitude.

 

Et puisque je suis super douée dans mes transitions aujourd’hui, c’est justement le sujet de l’échec qui nous amène à notre deuxième partie de l’épisode ou je réponds à vos questions. 

 

Questions et réponses

 

Je vous précise que j’ai choisi 4 questions, il y en avaient d’autres qui ne concernaient pas vraiment le yoga directement ou qui reprenaient les réponses que je vais donner de toute façon).

 

On commence avec Margaux qui nous dit : je suis nulle je n’arrive pas à faire les mouvements c’est une galère. Comment faire ?

 

Alors, Margaux, et tout autre yogi qui tient le même discours… la première chose ici (et je pense que si vous avez écouté l’épisode sur les pensées et les émotions vous savez déjà ce que je vais dire), la première chose donc, c’est de changer le discours intérieur. Ici tu nous dis que tu es nulle. Pourquoi ? Si tu le dis, c’est parce que tu te le dis à toi aussi. En premier j’aimerais te proposer de changer cette façon de parler de toi. Ensuite, pour ce qui est de ne pas réussir les mouvements, si tu es à tes débuts c’est NORMAL. Comme je le disais précédemment, l’échec nous fait avancer, si on décide que c’est ce que l’on en fait. Vous voyez ce que je veux dire ? Si vous décidez que l’échec vous définit comme nulle alors vous allez rester là-dessus et vous allez certainement abandonner, ce qui confirmera le postulat de départ selon lequel vous êtes nulle.

Si vous décidez, au contraire, que l’échec est le signe que vous avancez, que vous apprenez, et que vous grandissez, alors l’échec sera plus facile à gérer et vous pourrez avancer. Plus de “je suis nulle”, juste des “je tente comme ceci, ou comme cela, j’essaie ca, je teste et je constate le résultat”. 

 

Beaucoup plus facile à dire qu’à faire me direz vous… je suis entièrement d’accord avec vous, c’est difficile, ça demande du travail. A vous de voir si vous voulez passer le reste de votre existence à être une victime de l’échec, ou alors si vous allez le chercher exprès pour en faire une chose extraordinaire. Oui l’échec, c’est déplaisant, mais oui l’échec aide. 

 

Comme je ne sais pas trop de quels mouvements on parle ici, je propose donc d’aller tester le stage débutants sur le site, que j’ai réalisé spécialement pour les personnes qui découvrent. Sinon, il y a aussi un cours que j’ai réalisée sur votre demande : pas assez souple pour faire du yoga. 

 

Ensuite nous avons Alex qui nous demande ce que je pense des livres de Christophe André. Pour être parfaitement honnête je n’en ai lu qu’un seul pour le moment, et il était co-auteur avec ses amis Matthieu Ricard et Alexandre Jollien, et c’est un livre que j’ai trouvé passionnant. Tous les trois avec leurs connaissances débattent de sujets assez variés même s’ils tournent beaucoup autour du bien être au quotidien. Je vous le recommande. Mais pour le reste, je ne saurais pas trop répondre, je vais me pencher un peu plus sur ses livres.

 

La question suivante est revenue plusieurs fois : comment pousser sa pratique du yoga un peu plus loin, en allant d’une pratique purement physique et sportive à une pratique qui est aussi spirituelle. 

Si votre souhait est de rendre votre pratique plus spirituelle, vous pouvez commencer par étudier les 8 membres du yoga, provenant du nom yoga ashtanga. Ils vous sont expliqués sur Yogi Lab de deux façons, avec Jo dans son pack Yoga Hatha pour débutants, qui est très bien fait, mais aussi dans mes cours de la Yogi Academy ! Je vous recommande aussi le livre de Iyengar, la Bible du yoga. Une fois que ces différents concepts auront été assimilés je vous propose d’en choisir un et de l’appliquer pendant une pratique. Par exemple, si vous choisissez le principe aparigraha qui dicte le contentement, vous pouvez pratiquer ce principe en essayant de trouver la gratitude dans chaque posture, malgré vos éventuelles limites. C’est un principe parmi tant d’autres, mais ils aident tous à approfondir sa pratique. Ensuite, le vrai travail commence quand on prend ces principes et qu’on se les applique au quotidien. 

 

Autre question qui est revenue plusieurs fois, est-ce que justement, je parviens à suivre tous les enseignements du yoga dans ma vie de tous les jours et est-ce que j’y arrive tout le temps. 

 

Je vous le dis tout de suite : non je n’y arrive pas tout le temps. Mon gros point faible est le discours intérieur. Souvent j’ai cette phrase qui me revient “mais c’est pas possible d’être aussi bête”. Je sais que c’est l’égo qui parle et je sais maintenant faire la part des choses, mais il est bien là. Parfois aussi, il m’arrive encore de perdre patience sur le sujet du bien-être animal, mais j’arrive de plus en plus à gérer cette impatience, non pas en la canalisant mais en la laissant venir et en l’observant, sans réagir. Si je sens l’impatience, chaque action qui suivra sera en fait une réaction. Au lieu de réagir je la laisse là, j’observe, je ressens ce que ça me fait : c’est dans mes jambes et dans mes bras que je la ressens. Et voilà après ça va mieux !

 

Avant je pensais que je ne serais jamais une vraie yogini parce que je n’arrive pas à mettre tout en application à la perfection. Finalement, les yogis et les yoginis ne sont pas ceux qui ont réussi, ce sont ceux qui apprennent petit à petit, et qui continuent malgré les échecs. 

 

Je termine avec une question qui concerne la fatigue et le repos. Certains d’entre vous m’ont fait part d’une difficulté à bien récupérer, après une longue séance ou même, pour l’une d’entre vous, malgré le repos. Alors, si vous êtes fatigués malgré le repos, vous pouvez certainement faire une prise de sang pour comprendre. Sinon, revoyez aussi votre repos… qu’est-ce que vous appelez repos ? Parfois une émotion lourde peut nous épuiser. Mais dans le doute il vaut mieux commencer avec la prise de sang.

 

Et pour les yogis qui pratiquent intensément, je vais vous dire ce qui m’a aidée : c’est le fait de me répéter que le repos fait partie de l’entraînement. Le repos, et aussi, pour les jours ou on n’a pas envie, les pratiques plus lentes, plus douces. Etre à l’écoute de soi, du corps. Si les jambes sont fatiguées, vous pouvez tester un peu et voir si c’est dans la tête ou si vraiment ça ne colle pas. Au départ c’est super difficile, d’être à l’écoute, tout simplement parce qu’on ne sait même pas ce qu’il faut écouter. Quand on a passé toute notre vie à ignorer les messages du corps, à les enfouir, il faut du temps. Ca donne un peu le même sentiment que quand on arrive dans un pays étranger dont on ne parle pas la langue. Il faut chercher les signes. Ca s’apprend. Pour ma part, je crois que j’apprends toujours à déceler certains signaux. Mais ca vient avec le temps.

https://youtu.be/dM92U9vWTxM

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